Elle sera installée le 1er novembre : L’Académie amazighe sera présidée par Dourari

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Tamazight

ALGERIE (Tamurt) – C’est une vraie catastrophe pour l’amazighité. L’académie amazighe, promise par le pouvoir algérien, au lendemain de l’officialisation de la langue amazighe dans la constitution algérienne au début de l’année 2016, sera présidée par un kabyle de service, connu pour son hostilité à l’amazighité mais, aussi et surtout, connu pour être un partisan acharné des caractères de transcription arabe. Il s’agit d’Abderrezak Dourari.

L’académie en question portera le nom de « l’académie de promotion de la langue amazighe » et sera installée le 1er novembre prochain à l’occasion du soixante-deuxième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie. L’agence de presse officielle algérienne rappelle dans sa dépêche que « cette importante institution qui va donner une assise académique à la langue amazighe sera confiée au Professeur Abderrezak Dourari, actuellement directeur du centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement du Tamazight ». La même agence qualifie Dourari « d’éminent expert qui est par ailleurs titulaire d’un doctorat d’Etat en linguistique », oubliant sciemment de citer au moins un seul ouvrage en tamazight ou se rapportant à la culture ou langue amazighe, qui aurait été écrit par Abderrezak Dourari. Il ne s’agit point d’une omission puisque Dourari n’a aucune relation avec la langue amazighe, ni de près, ni de loin, ni de très loin.

Pis encore, Abderrezak Dourari n’est même pas amazighophone. Il parvient difficilement à s’exprimer dans un kabyle cassé et truffé de mots en arabe à plus de quatre vingt dix pour cent. En plus, Dourari est connu à Tizi-Ouzou, notamment à l’université, pour avoir été un opposant acharné au combat identitaire amazigh, dont l’université Mouloud Mammeri avait été le fief durant les années quatre-vingt. Comme on peut le constater, le CV de Dourari sied parfaitement aux critères qui arrangent le pouvoir algérien dans le choix des personnes à placer à la tête des institutions.

Cette triste nouvelle a, au moins, le mérite de confirmer que l’officialisation de tamazight par le pouvoir algérien n’a pour objectif que de saborder la culture amazighe mais d’une manière plus souple qui peut avoir l’air de contraster avec les méthodes dictatoriales du FLN mais dont la finalité reste la même. Dourari, personne ne s’en doute, sera vraiment à la hauteur de cette mission. Pour avoir un exemple des capacités de stagnation de Dourari, il suffit de demander à ce même Dourari de faire un bilan  des dix ans qu’il a passé à la tête du Centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight.

Lyès Medrati