Session de l’APW de Tizi-Ouzou : – Le budget supplémentaire voté

1

Concernant le premier point, c’est-à-dire le BS, qui est d’un montant de 377. 349. 542, 08 DA, son vote a été consacré par 31 voix dont 4 par procuration. 13 voix se sont traduites par une abstention et trois autres absentes.
La première institution élue de la wilaya de Tizi-Ouzou, devons-nous rappeler, jouit de 47 sièges. Donc, le BS 20I4 a été voté non à l’unanimité mais à la majorité des élus. Le document consacré à ce BS renseigne que « les recettes globales brutes du BS 2013 sont de l’ordre de 2. 943. 9I3. 546, 96 DA et sont réparties comme suit : l’excèdent brut dégagé par le compte administratif pour l’exercice 2013 est de l’ordre de 1. 655. 167. 951, 89 DA et les recettes nouvelles enregistrées durant l’exercice 2014 pour un montant total de 1. 288. 745. 595, 07 DA. Le montant total des dépenses affectées d’office (grevées d’affectation spéciale) est de l’ordre de 2. 566. 564. 004, 88 DA ; ce qui donne un excèdent net à répartir de l’ordre de 377. 349. 542, 08 DA ».

Concernant les autres points à savoir la culture, les ressources en eau et le tourisme et l’artisanat, les directeurs de wilaya concernés ont fait, chacun en ce qui le concerne, la communication et le commentaire. Du côté de l’APW, la communication a été faite par un membre de la commission concerné par le dossier.
Il se trouve cependant que les rapports de l’administration sont aux antipodes de ceux de l’institution élue. Le plus grand contraste a surtout concerné le secteur du tourisme et de l’artisanat. Tandis que le directeur a décrit très positivement la situation de son secteur, les élus quant à eux la décrivent comme catastrophique.

Tous les élus ayant intervenu sont allés jusqu’à remettre en cause les données chiffrées avancées par le directeur du tourisme et de l’artisanat. Cela veut dire que si les observations des élus sont avérées, le rapport de la direction du tourisme et de l’artisanat est à considérer comme un apocryphe et, par conséquent, le directeur, auteur de la communication, comme coupable de subornation.
Il faut dire que les débats au niveau de l’hémicycle Rabah Aïssat ont été longs et houleux. Même l’algarade et l’accrochage entre élus n’a pas manqué. En effet, quand Mme Yamina Ould-Chikh, élue du FLN, a dénoncé la saleté dont souffre la ville des Genêts puisque « les ordures ménagères ne sont pas régulièrement ramassées, et de ce fait, il n’est pas rare de voir des citoyens procéder à des incinérations des ordures ménagères au bord même des trottoirs ; ce qui rend les choses plus délicates »,

Mme Ouzna Moula, élue du RCD, l’interrompit brutalement en criant haut et fort que « la ville de Tizi-Ouzou est propre comme elle ne l’a jamais été auparavant ! ». Mme Ouzna Moula a vu en l’observation de Mme Yamina Ould-Chikh une façon peu orthodoxe de tenter de ternir la bonne réputation de la famille politique du RCD. (l’actuelle équipe dirigeante de l’APC de Tizi-Ouzou, à sa tête Ouhab Aït-Mengueellet, est issue du RCD). L’élue du FLN, loin de se laisser intimider, riposta : « La ville de Tizi-Ouzou est sale et balayez chez-vous ! ». Les deux dames élues ont continué à s’échanger quelques verbes qui sont loin de relever de la tendre poésie. Quoi qu’il en soit, Mme Yamina Ould-Chikh, qui avait droit à la prise de parole, poursuivit son intervention.
L’autre dame a avoir osé « casser la baraque » sans sourciller est Mme Nabila Smaïl, élue du FFS. Avocate de son état et fort connue pour ses interventions aussi pertinentes que dures, a commencé par dénoncer le satisfecit donné à l’ADE par certains pour ses efforts permanents pour le bien-être du citoyen. « Je suis désolée, s’écria l’élue du FFS, les agents de l’ADE ne fournissent aucun effort dans leurs missions. La preuve est à constater dans le nombre de fuite qu’il y a dans les réseaux d’alimentation en eau potable rien qu’au niveau de la ville de Tizi-Ouzou. L’eau qui se perd dans ces fuites peut représenter la quantité dont nous pouvons alimenter une autre wilaya du pays ».

Au volet touristique, Mme Nabila Smaïl la réalité du terrain est loin d’être conforme à celle annoncée dans le rapport de l’administration. Sur ce chapitre précis, l’élue du FFS a énuméré plusieurs autres points contrastant vivement avec ceux annoncés par le directeur du tourisme et de l’artisanat.
Avant de poser le micro, Mme Nabila Smaïl a d’abord jeté le pavé dans la mare en dénonçant la situation en matière de transport qui prévaut au niveau de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou. D’après cette élue du FFS, même la commission des transports dépêchée à partir d’Alger que pas un des bus universitaires n’a eu une bonne note des services techniques compétents de véhicules.
Sur ce dossier de transport universitaire, Mme Nabila Smaïl a demandé à l’APW de charger de recueillir des informations précises. Des révélations sont donc à attendre.
Enfin, l’intervenante a plaidé en faveur des familles logeant au niveau des appartements du Croissant-Rouge. Plusieurs familles habitent effectivement des galetas au niveau des espaces du Croissant-Rouge, et cela dure depuis plusieurs années. (Le Jeune Indépendant a déjà traité ce dossier en 1998).

Après l’intervention fort remarquable de Mme Nabila Smaïl, beaucoup d’autres élus ont pris la parole pour charger surtout le directeur du tourisme et de l’artisanat. Mme Yamina Ould-Chikh, encore cette dame, a révélé qu’au niveau de la plage d’Azeffoun que certains responsables présentent pourtant comme l’Eden, il n’y a même pas de sanitaires où un estivant puisse se soulager. « Et avec ça, on ose parler de politique touristique ? Et on ose parler d’un nombre important de touristes recensés ? », s’écrie l’élue du FLN.

Un autre élu a même usé d’expression ironique pour s’inscrire en porte à faux avec les administrateurs. « Apparemment, il n’y a que vous qui voyez les plages bien faites, les hôtels affichant complet, un nombre si important de touristes dans notre wilaya, les routes bien faites, l’eau potable en abondance, … », fit -il observer.

Notons enfin que le rapport de la direction de la ressource en eau a mentionné que les foyers de la commune rurale de Boudjima sont alimentés en permanence en eau potable à partir du barrage de Taksebt. La réalité est cependant tout autre. L’eau ne coule dans les robinets, notamment dans les villages se situant à l’ouest du chef-lieu de la commune, qu’à raison d’une fois tous les quinze jours et les vannes des châteaux d’eau ne s’ouvrent que durant un laps de temps d’une heure. Un temps bien insuffisant pour remplir une citerne puisque même le débit est très faible. Pour cette raison, bon nombre de foyers continuent à acheter de l’eau ou se donnent la peine d’aller chercher ce liquide loin du village dans les jerrycans et à dos d’âne. L’eau du barrage de Taksebt ne profite pas aux habitants de la commune rurale de Boudjima. Ceux qui soutiennent le contraire sont tout simplement de mauvaise foi.

De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine