Session d’été de l’APW de Tizi-Ouzou : Débats de haute volée, insultes et coups de poing au menu

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Celui-ci a justifié ce refus par le règlement intérieur de l’APW qui plaiderait en sa faveur. Il était question à ce moment du vote par chapitre du budget supplémentaire (B.S). Selon le règlement donc, un élu quelconque peut intervenir à la fin du vote pour apporter un complément d’information ou de précision ou tout simplement poser une question sur un point qu’il aurait trouvé opaque , c’est-à-dire pas suffisamment explicite. Cependant, cet élu du FLN, à l’instar de tous les membres de son groupe d’ailleurs, a considéré que c’était son droit le plus légitime de prendre la parole à cet instant même pour apporter un plus d’informations au sujet qui était en train d’être traité. Le président d’APW, calme et serein, lui a rappelé que la parole allait lui revenir au moment voulu. Rien à faire. L’élu du FLN a insisté pour prendre la parole. M. Mahfoud Bellabas est resté cramponné à ses positions. Il sera intransigeant jusqu’à la fin. D’ailleurs, c’est lui gagnera la partie en fin de compte.

En effet, au moment où les débats sont déclarés ouverts, M. Bellabas donnera la parole à l’élu du FLN – Cependant, avant que le calme ne soit revenu, beaucoup de faits – et non des moindres – marqueront la séance. En effet, pour se faire entendre, l’élu du FLN a fini par empêcher le président de l’APW de se faire entendre en tapant sur le pupitre du plat de ses mains. Il finira d’ailleurs par casser le microphone tant ses coups étaient forts et puissants. Au passage, nous devons signaler que cet élu du FLN est un enseignant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou et, au même temps, un pratiquant d’arts martiaux de très haut niveau. Il a le grade de niveau 4 en vô-viet-nam (équivalent de 4ème Dan de karaté). Devant le vacarme, une élue du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) a tenté de le calmer mais en lui faisant le reproche de ne pas respecter les règles de démocratie. Cette élue n’a pas été écoutée. L’élu du FLN l’a même priée de se taire.

A ce moment, un autre élu du RCD a tenté d’intervenir mais d’une manière qui serait exceptionnelle. En tout cas, l’élu du FLN lui donnera un coup de poing au visage. La réaction de l’élu du RCD a ressemblé à celle d’un homme mordu par un serpent. Est-ce le résultat de la douleur physique engendré par le coup de poing ou tout simplement le résultat du sentiment de vexation ? Une chose est sûre : l’élu du FLN n’a pas frappé de toutes ses forces. Car si c’était le cas, il aurait eu le visage en compote ou le crâne fracassé. Un coup de poing d’un pratiquant d’arts martiaux d’un haut niveau est loin d’être une caresse.

Quoi qu’il en soit, ce contact physique entre les deux hommes a été derrière les bousculades, l’échauffourée. Les autres membres de l’assistance (élus et administrateurs de wilaya) ont intervenu pour éviter le pire. Cet incident sera le motif pour le président de l’APW, toujours calme et serein, d’interrompre les travaux pour une durée de dix minutes. C’est aussi la raison pour laquelle beaucoup de personnages dont l’élu du FLN ont quitté l’hémicycle Rabah Aïssat pour se retrouver dans le couloir extérieur. C’est à l’extérieur aussi que cet élu du FLN donnera la première justification à son geste. « Il m’a insulté, il a proféré des obscénités à l’endroit de ma personne. Il m’a dit des mots que je n’ose pas répéter ici », s’est-il plaint.

Un peu plus tard, cet élu du FLN nous répétera en aparté exactement les obscénités que lui aurait adressées l’homme à qui il donna le coup de poing. Cependant, personne parmi l’assistance y compris nous n’a entendu les termes exactes de ces insultes mais tout le monde a vu l’agression physique. Ceci dit, rien n’autorise quiconque à témoigner si il y a eu insultes ou non. « j’ai subi exactement la même chose que ce qu’avait subi le footballeur Zidane face au défenseur italien et j’ai réagi comme lui », nous dira encore cet élu du FLN.

Une chose est sûre cependant : tout a fini par rentrer dans l’ordre. En effet, les travaux ont repris comme convenu. A propos de ces travaux justement, les élus ont écouté les communications des responsables des secteurs de l’éducation, la formation professionnelle, l’université et la poste et technologies de l’information et de la communication. A propos de l’éducation, presque tous les élus ainsi que le président de l’APW en personne ont adressé une multitude de dithyrambes à la famille de l’éducation pour les résultats « forts satisfaisants » obtenus par les candidats au baccalauréat. Le taux de réussite au baccalauréat au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou a dépassé légèrement les 80%. Elle a été classée la première à l’échelle nationale. Tizi-Ouzou a également décroché sa 4ème étoile. Cependant, M. Mahmoud Derridj, un élu du RCD qui a fait la bonne vielle école, n’a pas été impressionné par ce taux de réussite. Cet intervenant a reconnu effectivement ce taux de réussite mais a tenu quand même à dénoncer vigoureusement le faible niveau des bacheliers. Aussi, il a vivement interpellé les responsables de l’éducation à assurer un enseignement de meilleure qualité aux élèves. Pour M. Mahmoud Derridj, l’intérêt réside dans la connaissance véritable dont jouit l’élève et non dans le nombre d’élèves admis à suivre des cours à l’université. Aussi, cet intervenant à la longue expérience du combat politique s’est interdit d’adresser un quelconque dithyrambe à la famille éducative. A noter que beaucoup d’observateurs dans la salle ont, à voix basse, donné raison à M. Derridj qui n’a pas fait dans la dentelle.

Une autre élue du RCD, en l’occurrence Mme Cheriet, enseignante en pharmacie à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, a fortement appuyé la thèse de M. Derridj. « Le niveau de langue française des étudiants est catastrophique », a-t-elle souligné d’une voix mesurée. Cette élue aussi a plaidé pour un enseignement de qualité. Cette même dame a mis à nu également le secteur de la poste et des technologies de l’information et de la communication en citant seulement quelques exemples. Avec une voix propre aux gens d’un haut niveau d’instruction et d’éducation, elle dira que des abonnés aux téléphones se sont vus couper la ligne téléphonique par les services des PTT pour cause de non paiement des factures téléphoniques. « Et si les factures téléphoniques ne sont payées, explique-t-elle, c’est parce que ces abonnés n’ont pas reçu de factures téléphoniques ». Effectivement, les services des PTT où règne la confusion la plus totale depuis les réformes apportées au secteur, n’ont pas établi de factures téléphoniques à leurs clients. Cependant, quand le service payeur a constaté le non paiement, il a procédé tout simplement à la coupure du téléphone. En somme, il n’existe pas de coordination entre les différents services des PTT. La ligne internet aussi subit des perturbations depuis belle lurette. Le comble, c’est que l’abonné ne trouve personne à qui s’adresser. En définitive donc, le directeur de wilaya de la poste et des technologies de l’information et de la communication est loin de mériter le salaire qu’il gagne. Notons également que les secteurs de l’université et de la formation professionnelle n’ont pas été épargnés par les élus intervenants. Nous y reviendrons demain.

Addenda : Qui a dit que le FLN appartient à la famille politique des béni-oui-oui ?

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