Session extraordinaire de l’APW de Tizi-Ouzou : Les travaux ont commencé sur fond de polémique et d’esclandre

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – En effet, à peine l’écoute de l’hymne national algérien et l’observation d’une minute de silence à la mémoire des victimes de violence de l’Afrique du Nord terminées, voilà que le groupe FFS déclenche les hostilités.

Tout a commencé lorsque le président de l’institution élue, M. Mahfoud Belabbès, a demandé à l’assistance si quelqu’un désirait ajouter un point supplémentaire à l’ordre du jour qu’il a lu quelques instants plutôt, lequel est composé de quatre points, à savoir la situation et les perspectives concernant les zones industrielles d’activité, les zones d’expansion et les sites touristiques, la situation sur l’étude « caractérisation et délimitation du massif montagneux du Djurdjura » et, enfin, le divers.

Profitant de cette occasion, le groupe du Front des Forces Socialistes (FFS) a voulu faire lire par un des siens une déclaration pour dénoncer le non respect des règles régissant l’adoption du budget primitif (B.P) voté lors de la précédente session. Au début, le président de l’APW a essayé de faire comprendre à l’élu du FFS devant lire la déclaration que la lecture de celle-ci ne constituait pas un point de l’ordre du jour et que, par conséquent, il pourrait la lire plus tard, soit une fois que l’ordre du jour de la session aura été définitivement retenu. L’élu du FFS a insisté pour lire d’abord son document.

De son côté, M. Mahfoud Belabbès, de sa voix calme, a dit qu’il fallait respecter le règlement. A un moment donné, l’élu du FFS a entamé sa lecture en dépit des tentatives de rappel à l’ordre du président de l’institution élue. Ayant constaté que l’autorité du Président de l’APW n’était pas respectée, un autre élu se lève et prend à partie l’élu du FFS qui lisait la déclaration. A ce moment, comme un seul homme, les 15 membres constituant le groupe du FFS se lèvent de leurs sièges et engagent une altercation verbale. Un véritable esclandre, appuyée par des gestes, s’en suivit. Et c’est en pleine confusion que le groupe FFS quitta la salle des débats. Pendant ce temps, le wali et les membres de son exécutif se tiennent tranquilles et semblent même amusés par la scène. En tout cas, ce genre de situation est courant à Tizi-Ouzou.

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Photo montrant le groupe du FFS qui quitte la salle.

Une fois dehors, les éléments du FFS se pressent de faire des photocopies à leur déclaration pour les distribuer à la presse. Sur quoi repose la protestation du groupe FFS ? « Lors du vote du budget primitif, les règles du jeu n’ont pas été respectées car le règlement stipule que le B.P en question devait être étudié et adopté chapitre par chapitre alors que cette assemblée a décidé de l’adopter globalement », nous dit un membre de ce groupe contestataire. Et d’ajouter : « Même, les députés du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD) ont agi de la même façon que nous ». Se voulant plus explicite, notre interlocuteur nous dit que « lorsqu’ils (députés du RCD) ont constaté que les règles du jeu n’étaient pas respectées, ils ont décidé de geler leurs activités au parlement ». S’agissant de cette déclaration en question, la voici dans son intégralité : « Nous élus FFS à l’APW de Tizi-Ouzou tenons à dénoncer :

I) L’adoption du budget primitif 2011, acte entouré d’un silence complice de l’administration qui par le fait, enfreint la loi 90/09 en permettant l’adoption du dit budget de façon globale en violation de la législation en vigueur, cela, malgré notre interpellation de la majorité à l’APW ainsi que du wali, séance tenante et à travers deux courriers auxquels il est opposé un silence méprisant, faisant fi de toute éthique politique et du devoir souverain de veiller à l’exécution des lois notamment, l’article 95 du code de wilaya.

II) La situation socio-économique et politico-éthique de notre wilaya, est une situation qui fait peur. Chaque jour apporte son lot d’anarchie. L’émeute cadence la vie de la cité alors que l’APW propose un débat sur les pôles d’excellence. Est-ce décent de parler de pôles d’excellence quand la situation est au pôle du désordre ? Il va de soi qu’il n’est pas question pour les élus du FFS d’assister à la session tant qu’ils ne sont pas rétablis dans leur droit. Pour ces différentes raisons, nous prenons l’honorable assistance à témoin et j’invite mes camarades élus de quitter séance tenante l’hémicycle ».

Cette déclaration est signée du chef de groupe FFS à l’APW, M. Mohammed Msella. A noter que le groupe FFS s’attendait à ce que sa voix ne soit pas entendue puisque cette déclaration a été rédigée bien avant son arrivée à l’hémicycle. En tout, seul le groupe FFS semble ne pas cautionner le principe du vote du budget primitif d’une façon globale. En effet, un élu du Front de Libération Nationale (FLN) a déclaré à notre intention qu’« en ce qui nous concerne, nous ne pouvons pas revenir sur des décisions que nous avons déjà prises ». Concernant le groupe du Rassemblement National Démocratique (RND), c’est motus. D’ailleurs, pas un d’eux n’a quitté son siège au moment où le groupe FFS se précipita dehors, contrairement aux autres groupes.

En dernier, soulignons que les 47 siège que compte l’APW de Tizi-Ouzou sont occupés comme suite : RCD : 16 sièges, FFS :1I5, FLN : 10 et le RND : 06. Autrement dit, même en quittant l’hémicycle, le groupe du FFS ne pouvait pas empêcher la poursuite des travaux ,car le quorum le permettait.

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