Un site islamiste s’attaque au journal Tamurt

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KABYLIE (Tamurt) – Un site électronique, d’obédience islamiste, domicilié dans la ville de Tizi-Ouzou, s’est attaqué cette semaine à notre journal. Ce site, qui consacre sa Une à l’ouverture d’une poissonnerie à Tizi-Ouzou, semble avoir été actionné par ses parrains afin de s’en prendre à notre journal qui assume clairement ses positions pour la liberté de la Kabylie, la laïcité et la modernité.

Le site en question, animé par un ancien fonctionnaire de l’agence presse service algérienne (APS), porte-parole officielle du régime du parti unique, qui se présente depuis quelques temps comme journaliste, ose mettre en avant l’éthique journalistique. Or, il est le premier à ne pas respecter cette dernière puisque dans la profession de journaliste, il n’est pas courant de s’attaquer à ses confrères. Mais peut-on qualifier de confrère le gérant d’un site Internet qui diffuse, chaque semaine, les prêches du vendredi, donnés à la grande mosquée de Tizi-Ouzou, alors que la religion, comme tous les gens civilisés le savent, constitue une affaire purement personnelle.

On se demande par ailleurs en quoi les positions franchement assumée par le journal Tamurt dérangerait l’animateur de ce site Internet si ses convictions, notamment religieuses, étaient réellement ancrée en lui, comme tout vrai croyant ? Le promoteur de ce site Internet se permet de donner des leçons de journalisme au moment où il réserve la Une de son édition de ces trois derniers jours à,  tenez-vous bien, l’ouverture d’une nouvelle poissonnerie dans la ville de Tizi-Ouzou.

On conclut vite qu’on a affaire à un tube digestif plutôt qu’à un journaliste ? Surtout quand on sait que ce dernier s’enorgueillit ouvertement de posséder une photo avec le tristement célèbre Mohand Cherif Messadia. Une photo qu’il a diffusé fièrement sur son site il y a quelques temps, croyant pouvoir impressionner les lecteurs candides. On aurait pu encore parler plus longuement sur ce journaliste, en évoquant notamment son aventure avec Berbère télévision ou ses relations avec tous les journalistes exerçant à Tizi-Ouzou, mais la suite serait réservée au cas où il y aurait récidive.

Lyès Medrati