Situation politique en Tunisie : Les prémices d’un scénario à l’Algérienne

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TUNISIE (Tamurt) – C’est tout un combat démocratique de plus d’un demi-siècle d’indépendance qui est remis en cause. La situation politique, sociale et économique est explosive. L’embrasement menace ce petit et beau pays, naguère havre de paix. Une crise politique sans précédent plonge la Tunisie dans l’incertitude.

La révolte du peuple tunisien du 14 janvier 2011; révolte qui a déboulonné le dictateur Ben Ali et le clan Trabelsi n’a pas débouché sur une démocratie. L’émergence de la bipolarité politique, démocrates et islamistes, est similaire à la période vécue par l’Algérie en 1992, après la victoire du l’ex-FIS aux élections législatives. Résultat: la violence monte en flèche. Des islamistes extrémistes sèment la panique et la terreur aux quatre coins du pays.

Ils s’attaquent aux étrangers, aux femmes sans voile, aux manifestations culturelles…. Ils veulent ériger un Etat théocratique. Le laxisme des hautes autorités du pays est mis à l’index par les partis démocratiques et la société civile. Le président Marzouki, de la mouvance démocratique, qui n’a pas hésité d’ailleurs à critiquer ouvertement le gouvernement à majorité Nahda, qui est accusé de vouloir s’emparer de toutes les institutions de l’Etat, reste impuissant face à cette situation. Que faire ? Arrêter le processus électoral comme l’ont décidé les généraux en Algérie ? Peu probable.
Les Tunisiens craignent un scénario à l’Algérienne. Une décision qui a fait plonger l’Algérie dans une guerre civile depuis presque 20 ans maintenant. Laisser les islamistes s’emparer du pouvoir total ?

Les Tunisiens sont dans une situation ambivalente, une impasse. « Les islamistes ne gagneront plus une autre élection en Tunisie. Le peuple tunisien a découvert le vrai visage des islamistes. Ça sera le cas même au Maroc. Dans ces deux pays, les islamistes jouissent d’une « virginité » et d’une « sainteté », puisqu’ils n’ont jamais été au pouvoir auparavant, contraient à l’Algérie qui a vécu les affres du terrorisme aveugle. D’ailleurs en Algérie, ils n’ont pas eu la majorité lors des dernières élections, même si ce scrutin était entaché comme d’habitude d’une fraude massive», analyse un professeur de l’université de Tizi-Ouzou.

Par ailleurs, l’impasse dans laquelle se retrouve la Tunisie aujourd’hui semble réjouir le pouvoir central d’Alger. Une démocratie en Tunisie le mettrait dans l’embarras.

Nadia Iflis

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