Slimane Ait Sidhoum, un écrivain kabyle qui écrit en français

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Slimane Ait Sidhoum
Slimane Ait Sidhoum

CULTURE (Tamurt) – Slimane Ait Sidhoum fait partie de la nouvelle vague d’écrivains talentueux de Kabylie qui ont choisi la langue de Molière pour s’exprimer avec un savoir faire littéraire incontestable. Auteur de trois romans, Slimane Ait Sidhoum écrit également dans la presse spécialisée des chroniques littéraires de haut niveau. Slimane Ait Sidhoum, originaire de la wilaya de Tizi Ouzou, a décidé il y a une dizaine d’années, de quitter l’Algérie pour poursuivre ses études de post-graduation dans la ville française Montpellier.

Il y vit désormais en effectuant bien sûr des retours réguliers vers sa terre natale avec laquelle il a gardé des liens solides et des amitiés indéfectibles. Slimane Ait Sidhoum a écrit son premier roman intitulé « Les trois doigts de la main », au milieu des années quatre-vingt-dix, après avoir été victime d’un attentat terroriste à la bombe ayant fait plusieurs morts et des blessés dont il en fait partie. Il était dans un bus dans la capitale quand subitement le monde s’était arrêté suite à l’explosion d’une forte bombe.

Il a eu certes la vie sauve mais avec des séquelles physiques et morales bien sûr. Au lieu de capituler ou de sombrer dans le désespoir,  après cette dure épreuve, Slimane Ait Sidhoum a choisi d’écrire afin de s’exorciser. Cet attentat meurtrier servira donc de source d’inspiration pour l’écriture de son premier roman, édité aux éditions Chihab d’Alger et qui a eu un grand succès e librairie. D’abord, pour le talent d’écriture littéraire dont jouit  Slimane Ait Sidhoum mais aussi pour le contenu de ce livre qui raconte un épisode aussi dramatique de la vie d’un jeune algérien dont la vie a failli se voir interrompue à cause de la bêtise et de la bête humaine.

Après ce premier roman, Slimane Ait Sidhoum écrit quelques années plus tard une seconde fiction inspirée de faits réels.  Il s’agit du livre intitulé « La faille ». L’auteur plonge dans l’univers de l’incompétence qui sévit en Algérie où les meilleurs et les plus compétents sont marginalisés et voués aux gémonies et où les médiocres « ont pris des allures d’astres scintillants » pour paraphraser un certain Matoub Lounès. Le troisième roman de Slimane Ait Sidhoum s’intitule « les Révoltes feutrées ». L’auteur s’est inspiré du parcours de maquisard de son père pour écrire ce roman sur la guerre. Slimane Ait Sidhoum a depuis, mis de côté l’écriture romanesque, pour se consacrer à ses études. Mais il continue d’écrire, tous les jours : poèmes, articles et toute ce qu’un cœur peut raconter de diverses manières mais avec la même sensibilité.

Tahar Khellaf

2 COMMENTAIRES

  1. C’est toujours bien d’écrire même dans une langue de l’autre, car souvent les récits parlent notre société, de nos vie, etc, mais vu l’urgence de mener le combat pour notre langue, il est préferable souhaitable d’ecrire dans notre langue et ensuite on pourra toujours traduire dans la langue de l’autre.