Soirées ramadanesques à Tizi Ouzou : Absence mystérieuse d’Akli Yahiatène et Ait Menguellet

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soirée ramadanesque
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KABYLIE (Tamurt) – Depuis plusieurs années, les deux chanteurs kabyles, proches du pouvoir algérien, Akli Yahiatène et Lounis Ait Menguellet, ne figurent pas, pour la première fois, sur la liste des artistes programmés pour les soirées de ramadan de cette année, prévues à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Une défaillance qui n’a pas manqué de soulever des questionnements.

En effet, chaque année, ces deux chanteurs, qui sont les artistes kabyles les mieux payés par le pouvoir algériens lors de leurs prestations artistiques, sont invisibles dans le programme officiel élaboré et rendu public par la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou que gère une certaine Nabila Gouméziane, dépourvue de tout parcours ou de CV pouvant expliquer son intronisation à la tête d’un secteur aussi sensible que celui de la culture.

Mais quand on sait que le même secteur avait été dirigé, pendant très longtemps, par un autre homme n’ayant jamais exercé aucune profession dans sa vie et n’ayant aucun diplôme dans son escarcelle, El Hadi Ould Ali, faut-il rappeler son nom, il n’y a donc pas de quoi s’étonner finalement. Pour revenir à Akli Yahiatène et Ait Menguellet, il est fort probable que leur défaillance soit liée à la crise financière que traverse l’Algérie actuellement.

Yahiatène autant qu’Ait Menguellet n’accepteront jamais de se produire en Algérie pour des miettes. En effet, ces deux chanteurs, en se produisant en Algérie, ne sont pas rémunérés en fonction de l’importance du public qui affluent à leurs galas (la salle de spectacle de la maison de la culture ne dépasse pas les 800 places) mais ils reçoivent directement des cachets mirobolants qui leur sont virés par l’ONDA (Office national des Droits d’Auteurs) dont la mission, ces dernières années, consiste, entre autres, à domestiquer les hommes de culture en leur miroitant des privilèges matériels.

En tous les cas, aucune explication n’a été livrée par la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou concernant l’absence de ces deux chanteurs lesquels, pour l’histoire, avait participé activement à la honteuse « Année de l’Algérie en France » en 2001, au moment où la Kabylie était à feu et à sang. Ils ont également pris part fièrement aux activités s’inscrivant dans le cadre de la manifestation non moins honteuse  « Alger, capitale de la culture arabe » ainsi qu’à différentes éditions du festival arabo-africain de la danse folklorique qu’abritait la ville de Tizi Ouzou avant le début de la crise financière qui gangrène l’Algérie. Sans oublier, bien sûr, les applaudissements nourris à sa majesté Abdelaziz Bouteflika.

Tarik Haddouche