Sortie de Jugurtha Ait Ahmed : Le FFS, parti politique ou royaume ?

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Jugurtha Ait Ahmed
Jugurtha Ait Ahmed

ALGÉRIE (Tamurt) – Le FFS (Front des Forces Socialistes) a-t-il jamais été un parti démocratique ? Si, la vitrine de ce parti avait été jusqu’à un passé récent, nourrie de discours politiques qui plaiderait en faveur du fait qu’il puisse s’agir d’un parti du camp démocratique, il n’en demeure pas moins que la réalité est tout autre. On ne peut pas ignorer, quand bien même certains voient en lui la perle rare de la politique, que la longévité du regretté Hocine Ait Ahmed à la présidence du FFS n’a absolument rien de démocratique. Ait Ahmed avait présidé son parti, de sa création jusqu’à sa mort.

Durant tout ce temps, c’était Ait Ahmed qui prenait toutes les décisions importantes. Il nommait et dégommait les premiers secrétaires auquel il dictait, à la lettre, ce qu’il fallait faire et dire. Il s’agit d’un secret de polichinelle que tous les militants et cadres du FFS, anciens ou nouveaux, connaissent. Quand Ait Ahmed prenait des décisions ou faisait des déclarations surprenantes et inattendues, les militants et cadres zélés du FFS répliquaient toujours : « Lui, il sait ».

Une confiance aveugle qui a engendré un culte de la personnalité qui a nui énormément à la pratique politique et surtout à la démocratie basée essentiellement sur l’alternance. L’exemple de Nelson Mandela en Afrique du Sud, qui s’est retiré après un seul mandat à la présidence de la République, n’a malheureusement pas fait d’émules en Algérie. Les exemples abondent, en Algérie, concernant ces responsables qui s’accrochent éternellement au fauteuil de chef de parti. On citera en autres Louisa Hanoune, Said Sadi et Ahmed Ouyahia, Abderezak Makri, Abdelmadjid Sidi Said, ayant passé des décennies à la tête de leur formation ou organisation malgré que tous ne ratent aucune occasion pour réaffirmer leur attachement à la « démocratie ».

Mais dans les rangs du FFS, le Rubicond est franchi il y a quelques jours avec la sortie médiatique de Jugurtha Ait Ahmed, le fils de Hocine Ait Ahmed. Jugurtha Ait Ahmed n’a pas hésité à s’immiscer dans les affaires interne du parti en sa qualité, non pas de membre du conseil national ou de cadre élu, mais seulement parce qu’il est le fils du chef disparu. En l’absence de toute clarté concernant le fonctionnement du FFS, mais aussi des autres partis algériens, peut-on aller jusqu’à penser que c’est Jugurtha Ait Ahmed qui prend des décisions dans l’ombre ?

En l’absence de preuves tranchantes, on n’ira pas jusque-là. Mais il est fort possible que cette hypothèse soit vraie. Rien n’est impossible tant que le FFS et les autres partis algériens n’ont pas un fonctionnement qui permet aux cadres et militants de s’exprimer démocratiquement et d’élire les responsables du parti librement. Au lieu de cela, les responsables sont choisis on ne sait toujours par qui ? Surtout au FFS, depuis le décès de Hocine Ait Ahmed, qui faisait la pluie et le beau temps, de son vivant.

Tarik Haddouche