Stade Matoub Lounès : Mellal défie le pouvoir

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KABYLIE (TAMURT) – Le courageux président de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), Chérif Mellal, défie de manière frontale le pouvoir algérien et les autorités de la wilaya de Tizi Ouzou concernant le nom à attribuer au nouveau stade de Tizi Ouzou dont les travaux tirent à leur fin.

Chérif Mellal a déclaré hier que le nouveau stade portera le nom de Matoub Lounès et advienne que pourra ! C’est un vrai défi que vient de lancer Chérif Mellal à l’endroit du pouvoir algérien en réaffirmant que le stade de Tizi Ouzou s’appellera Matoub-Lounès car, a expliqué chérif Mellal, le nom du rebelle est celui qui fait l’unanimité chez tous les supporters de la JSK ainsi que de tous les kabyles. Chérif Mellal a répondu que si le pouvoir algérien et ses relais locaux continuent à faire la sourde oreille et tenteraient d’imposer un autre nom qui va à l’encontre du choix du peuple, « la baptisation du stade de Tizi Ouzou au nom de Matoub Lounès se fera de force ». « Nous allons appeler tous les supporters du club à venir massivement, on préparera l’enseigne « Stade Matoub-Lounès » et on procédera nous-mêmes à l’inauguration », a ajouté Chérif Mellal d’un ton déterminé. « C’est le peuple qui a choisi le nom de Matoub Lounès et c’est la volonté du peuple qui passera », a martelé Chérif Mellal qui avait l’air tout décidé à ne faire aucune concession sur la question du choix du nom de Matoub-Lounès qui est pour rappel le chanteur kabyle qui a composé et chanté le plus grand nombre de chansons sur le club phare de la Kabylie.

Mais pas seulement. Il était aussi l’artiste-supporter le plus fervent du même club. Quand la JSK avait été délestée de son vrai nom « Kabylie » remplacé par le ridicule « Kawkabi », Matoub Lounès a été le seul artiste et la seule personnalité publique à avoir dénoncé cette décision raciste et injuste. C’était dans la chanson « Kesnagh la JSK » enregistrée en live lors du premier concert de Matoub Lounès à l’Olympia de Paris en 1981. Pour rappel, une grande campagne bat son plein en Kabylie pour que le stade de Tizi Ouzou, d’une capacité de 50 000 places, porte le nom du rebelle assassiné le 15 juin 1998. Une pétition a même été lancée dans ce sens. Mais les personnalités proches du pouvoir algérien dont l’ancien président du club Mohand-Chérif Hannachi ont, à maintes fois, laissé croire que cette option n’est pas du tout à l’ordre du jour. Du temps où Abdelaziz Bouteflika régnait en maitre absolu sur l’Algérie,

Hannachi avait même osé déclarer que c’est Bouteflika lui-même, et lui seul, qui choisirait le nom que portera ce stade avec son habituel mépris et sa « légendaire » arrogance. Qui aura le dernier mot : le peuple et ses porte-parole légitimes ou bien le pouvoir et ses suppôts dociles et serviles à outrance ? On le saure bientôt.

Tarik Haddouche

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