Steve Maman qui rachète les esclaves sexuels de l’État Islamique

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MONTREAL (Tamurt) – Steve Maman est un homme d’affaire Montréalais juif de conviction d’origine marocaine. Il affirme avoir déjà sauvé 128 femmes et enfants, issus des minorités Yazidies et chrétiennes.

« Je me souviens très bien de ce soir-là, nous confie Steve Maman. J’étais devant mon ordinateur et je suis tombé sur une photo d’enfants emprisonnés dans une cage. Je venais de voir le film ‘La liste de Schindler’, qui raconte l’histoire de cet industriel allemand qui a sauvé 1200 juifs pendant la seconde guerre mondiale. À ce moment-là, je me suis dit que je devais agir ». avait-il déclaré.

Il s’est lancé dans l’opération fin 2014 et a mis sous sa responsabilité de sauver le plus possible d’esclaves dit « sexuels » de l’État Islamique. Voyant la progression du groupe terroriste en Irak et en Syrie, Steve Maman ce vendeur de voiture de collection a décidé dans un premier temps d’aider 3 familles chrétiennes, dont le village était sur le chemin de l’EI avec l’aide de Canon Andrew White, rencontré lors de l’un de ses voyages d’affaires, à les faire sortir d’Irak et à les mettre en sécurité en Turquie.

« Je me suis dit qu’à l’avenir, il fallait mieux se contenter de les sortir des territoires de l’État islamique et de les aider à retrouver leurs familles ». « Des intermédiaires, à l’intérieur du ‘Califat’ font en sorte de libérer femmes et enfants». a-t-il affirmé. «Ils négocient directement avec les combattants de l’État islamique et les civils qui détiennent les esclaves sexuels », poursuit-il.

Selon un document parvenu de l’ONU (Organisation des Nations Unies) environ 3000 personnes seraient encore entre les griffes de Daech. On sait en ce moment que les enfants de 1 à 9 ans sont à 150 euros en moyenne et les esclaves féminines de 10 à 20 ans sont vendues à environ 110 euros.

À ce jour, Steve Maman dit avoir sauvé 128 femmes et enfants, âgés de 3 à 35 ans, sans qu’il ait le moindre soutien des états. Il dit rencontrer le premier ministre canadien Stephen Harper et Zainab Bangura, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, chargée de la question des violences sexuelles liées aux conflits armés. « Ils apprécient mon action, mais je n’ai aucun soutien financier, ni militaire » fait-il remarquer.

Hors les états et gouvernement, des voix s’élèvent et l’accusent de financer l’État islamique. « Plusieurs régimes occidentaux se demandent si c’est la chose à faire puisque quand on commence, ça ne finit plus », souligne Frédéric Castel, géographe à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Le directeur du Centre d’analyse du terrorisme (CAT) français Jean-Charles Brisard, «en versant de l’argent contre la libération d’otages, je pense que cette initiative privée fait le jeu d’EI», commente-t-il, et continue ; « les rançons représentent 10% du financement de l’État islamique ce qui est loin d’être négligeable! »

Jugurtha Aqvayli