Tamazight à la croisée des chemins

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Hocine TOULAIT DR Tamurt

BOUGIE (Tamurt) – À l’initiative de l’association des élèves de la faculté des sciences humaines de l’université Abderrahmane Mira de Bougie, le docteur Hocine Toulait, expert en langues officielles au Canada, a animé, ce mardi matin, une conférence-débat à l’auditorium du campus d’Aboudaou.

Le conférencier n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour confirmer que la langue Tamazight est considérée comme une sous-langue par le pouvoir algérien malgré son institutionnalisation dans la nouvelle constitution. Les tenants du pouvoir  rappellent, à chaque fois, que Tamazight est un patrimoine qu’il faut sauvegarder. Pour l’orateur, un patrimoine est conservé au musée. Donc il y a un choix à faire. Soit, c’est un patrimoine et sa place est au musée, soit c’est une langue, elle doit, donc, se développer et posséder les moyens d’être vivante. Tamazight est à la croisée des chemins.

Faisant allusion à ce même pouvoir qui avance la diversité de langues comme un danger, il citera le cas de plusieurs pays dont les populations cohabitent sans aucun problème car leurs dirigeants avaient préalablement compris que toutes les langues se valent et doivent être, par conséquent, toutes officielles afin d’éviter des frictions tribales.

Au Canada, il y a quelques sicles de cela, dira le conférencier, il n y avait que les anglophones aux postes de commandes alors que les francophones se limitaient à l’activité de bûcherons. Mais aujourd’hui, il y a plus de francophones dans l’administration que d’anglophones. En Suisse, avec une population estimée à 2 % seulement, les romanches ont vu leur langue hissée au rang d’officielle au même titre que l’italien, l’allemand et le français. Pour étayer ses dires, le docteur Toulait rappellera ce que lui avait dit un sri-lankais quand les deux tribus, tamouls et cinghalais, étaient en guerre permanente. La loi sri-lankaise sur les langues officielles a été le traité de paix entre les deux tribus.

Donc, pour l’orateur, Tamazight ne peut se développer en étant un simple article dans une constitution. Il faut qu’elle soit réellement au contact de la population qui en fera une langue vivante mais à la condition qu’elle soit prise en charge comme il se doit. L’écrit est l’un des atouts majeurs pour sa promotion.  Cela ne peut se faire qu’en multipliant les activités en rapport avec cet objectif car tout geste de communication entraîne l’écrit.

Amaynut

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