Tamazight aura un sous-statut, dans la nouvelle constitution, selon les citoyens de Bougie

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Tamazight aura un sous-statut, dans la nouvelle constitution, selon les citoyens de Bgayet
Tamazight aura un sous-statut, dans la nouvelle constitution, selon les citoyens de Bgayet

BOUGIE (Tamurt) – L’officialisation de Tamazight dans la nouvelle constitution algérienne a fait réagir beaucoup de personnes notamment le mouvement associatif.  C’est la raison pour laquelle, Tamurt s’est rapprochée de ces derniers pour avoir leurs impressions.

Un enseignant de Tamazight, un élu local et un syndicaliste ont bien voulu répondre à nos questions et nous vous livrons ci-après leurs impressions. Pour le premier, Tahar A, professeur de Tamazight, il est clair que « La promotion de Tamazight au statut de langue officielle dans la nouvelle Constitution reste un acquis quand même. Un acquis que nous avons arraché et personne ne nous l’a octroyé comme veulent nous faire croire certains démagogues pour accroitre leurs popularités et conserver leur pouvoir. C’est la consécration de toute un combat mené par les Amazighs aux prix des sacrifices.

Nonobstant il faut être très vigilant quant à la consolidation et l’aménagement de cet acquis par une prise en charge sérieuse et effective, sinon, tamazight risque de subir le sort qui lui est toujours réservé et celui qui lui est réservé au Maroc. Dans cette mouture, j’ai constaté aussi un certain nombre de points confus qui me taraudent l’esprit comme par exemple l’article.3 bis. Art.3 qui stipule que l’arabe est toujours la langue officielle » principale ». Le bon sens aurait voulu que les deux langues (arabe et tamazight) demeurent les langues officielles de l’Etat. La problématique est là justement, à chaque fois que tamazight fait un pas en avant, on change de statut (plus supérieur) pour l’arabe pour lui garder sa supériorité (et sa suprématie) symbolique.

De ce fait c’est l’arabe qui demeure(ra) la langue officielle de l’Etat; quant à tamazight ,elle aura un sous-statut : c’est-à dire une langue sous-officielle. Cela nous amène à penser que ce pouvoir avait joué de ruse en donnant l’impression que tamazight est réellement officielle. Pour cette (officialisation?), on annonce aussi la création d’une académie auprès du président de la république. L’expérience nous a appris que ce n’est pas la création des institutions étatiques qui règle le problème de tamazight. Si on ne place pas des spécialistes compétents dans cette institution, ça serait un échec planifié et prématuré.

En connaissant la ruse du pouvoir politique algérien, qui fait souvent preuve de mauvaises intentions, la vigilance est de mise à cet égard, car une catastrophe pourrait advenir. Enfin, l’article 178 renseigne clairement sur les intentions de ce système et sur cette reconnaissance (fictive) de tamazight.

Pour le second, Hafit Z, il dira tout simplement, ceci : je suis tout naturellement content. Le tabou de la langue Amazighe est brisé mais un grand travail nous attend pour faire de Tamazight une véritable langue de travail. On ne fait pas confiance au pouvoir arabo-baathiste d’Alger et on ne peut pas oublier les déclarations racistes de Bouteflika qui a déclaré que  » Tamazight ne sera jamais une langue officielle ». Le monde bouge et le projet américain du GMO (grand moyen orient) a fait trembler tous les arabo-baathistes. Le GMO consiste à diviser les pays sur des bases ethniques et religieuses.

L’officialisation de Tamazight est une manière pour le système de sauver l’Algérie d’un morcellement. L’arabe et l’islam doivent être protégés par le pouvoir autrement, ils vont disparaitre. Tamazight est chez elle et c’est le peuple qui se chargera de sa protection bien sur… avec des milliards de dépensé,  l’arabe n’arrive pas à avoir sa place en Algérie et, d’ailleurs, les quelques associations bénévoles qui enseignaient tamazight en cachette ont fait trembler le système.

Pour le dernier, Laid H, le syndicaliste en l’occurrence. Il est très clair que même si tamazight vient d’être officialisée (très mal selon certains analystes), l’identité algérienne, quant à elle, reste toujours erronée car l’Algérie, terre d’islam, partie intégrante, d’après cette nouvelle constitution, du grand monde arabe, est éloignée, à tout point de vue, de la dimension amazighe laquelle est toujours reléguée au second rôle.

Amaynut