Tamazight : Salah Belaid plaide pour le Tifinagh

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Salah Belaid lors de la cérémonie-Prix-Ooredoo-d Alphabétisation
Salah Belaid lors de la cérémonie-Prix-Ooredoo-d Alphabétisation

KABYLIE (Tamurt) – Salah Belaid, un autre kabyle de service, président actuel, tenez-vous bien, du Haut Conseil de la Langue Arabe, ancien enseignant d’arabe à l’université de Tizi Ouzou, au lieu de s’occuper de la langue arabe, qui se trouve dans un état piteux en Algérie, n’a pas trouvé mieux ce lundi, que de se donner le plein droit de s’immiscer de l’avenir de la langue tamazight.

Et malheureusement, sa sortie ne vise pas à apaiser les esprits et à faire avancer les choses concernant cette langue qui est sans doute sa langue maternelle, reniée bien sûr. En effet, Salah Belaid, a encore ajouté de la confusion à une situation qui est déjà assez complexe et qui n’a guère besoin que l’on ajoute de l’huile sur le feu. En effet, alors que certains personnages du même acabit que Salah Belaid, arabisants et baâthistes notoires, sont en train de mener une campagne, tambour battant, pour les caractères arabes, Salah Belaid, a lui, déclaré hier, que les caractères les plus appropriés pour transcrire la langue tamazight sont le Tifinagh. Il va sans dire que cette déclaration de Salah Belaid n’est pas l’aboutissement d’un long travail de recherche scientifique mené avec une grande rigueur mais c’est juste une affirmation faite sur un coup de tête.

Une question aussi sensible que les caractères de transcription de tamazight ne doit pas devenir une affaire traitée avec autant de légèreté. C’est un sujet qui doit, en principe et en toute logique, être pris en charge, avec un grand sérieux, par des scientifiques avérés et confirmés dans le domaine amazigh bien entendu, ceux qui ont passé toute leur vie à travailler sur l’amazighité, langue et culture. Salah Belaid, à l’instar de Abderrezak Dourari ou encore de Mohand Arezki Ferrad, sont des personnes qui n’ont jamais milité pour l’identité amazighe, ni durant la période de clandestinité ni encore après 1988.

Par ailleurs, sur le terrain de l’écriture et du travail universitaire, ils ne se sont jamais intéressé, ni de près ni de loin, à la langue tamazight. Une langue qu’ils ne parlent d’ailleurs que très approximativement. Un jour, ils se réveillent le matin et découvre ce nouveau terrain juteux qu’est tamazight. Ils s’autoproclament alors spécialiste de l’amazighité, toute honte bue. C’est l’amère réalité. Mais dans un pays où l’amnésie est une constante, il faut encore d’attendre à tout. Au pire.

Tarik Haddouche