Tamurt.info bloqué en Algérie, Grave atteinte à la liberté d’expression

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ALGERIE (Tamurt) – Si l’hypothèse de la censure venait à se confirmer concernant l’inaccessibilité de Tamurt.info en Algérie, il s’agirait là d’une grave atteinte à la liberté d’expression. Cela voudrait dire tout simplement que le pouvoir algérien ne recule désormais devant rien pour faire taire tout média qui ne l’applaudit pas ou qui ose le critiquer.

Le fait de pousser l’outrecuidance jusqu’à bloquer des journaux diffusant sur Internet signifie rien moins que l’Algérie est désormais revenue à la période d’avant 1988 où le lecteur algérien n’avait droit qu’aux journaux officiels du pouvoir.

Il faut dire que cette entreprise de mise au pas de la liberté d’expression ne date pas d’aujourd’hui puisque tous les journaux algériens en ont payé les frais. Mais ce n’est que maintenant que le Rubicond est franchi avec cette atteinte aux journaux électroniques qui jouissent de beaucoup plus de liberté car n’étant pas concernés ni par les problèmes d’impression ni par ceux de la publicité de l’Anep (Agence nationale d’édition et de publicité).

Les journaux algériens ont en effet subi d’énormes pressions les ayant poussé à ne plus oser dépasser la ligne rouge. Certains journaux ont été privé sciemment de publicité étatique et même privée. Des pressions ont été exercées sur les annonceurs privés qui auront le courage de « donner » de la pub aux journaux qui jouissent d’une certaines liberté d’expression. Avec le temps, ces derniers ont fini par s’incliner car ne pouvant plus tenir le coup car étouffés financièrement. D’autres journaux ont été contraints de tripler leur prix de vente et de licencier une partie de leur équipe journalistique. Ce qui a induit systématiquement une baisse effarante des ventes. Ils sont devenus désormais sans aucune influence alors qu’ils contribuaient grandement à faire l’opinion dans les années quatre-vingt-dix et au début des années 2000.

Après avoir réussi à réduire au silence les journaux « rebelles », le pouvoir algérien a découvert que ses mesures coercitives étaient dépassés par la percée de la technologie. La naissance des journaux électroniques et totalement indépendants a pris de court le pouvoir. On retrouve désormais toute la vérité censurée ailleurs en cliquant sur son clavier et en choisissant l’un des journaux électroniques libres de toutes tutelle. Il n’est donc pas surprenant de découvrir que le pouvoir algérien est derrière le blocage de Tamurt.info sur le Net.

Tahar Khellaf