Tamurt mon berceau

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Tamurt

La source.
Le berceau.
Le Père protecteur.
Le majestueux Jurjura et ses cols enneigés. .
La lumière qui resplendit au printemps.
Au printemps la Kabylie retrouve ses couleurs et ses esprits. Et son courage.
Au printemps le Jurjura coule. Jurjura allaite ses enfants.
De torrent en rivière, de rivière en fleuve le lait du Jurjura entame son périple jusqu’à la mer.
Ighzer le torrent du coin, Assif le fleuve de la région.
La source fraiche de Leynssar acquise aux garçons.
Thala (fontaine, source) réservée aux Lunja.

Le berceau.
La mère.
La terre kabyle, la mère patrie.
Les maisons de pierres accrochées au flanc de la montagne.
L’âtre, le kanun, l’âme du foyer kabyle autour duquel se chauffent nos corps et se racontent nos mythes.

Les chants des femmes. Les berceuses des mères et des grand-mères.
L’école des mères. Les fabuleux personnages sortis d’un temps lointain.
Waghzen (ogre), Tsériel (ogresse, cyclope), Meqidesh (notre Odyssée), Lunja la belle.

Et beaucoup beaucoup d’autres enfantés par notre terre mythique, notre mère patrie.

L’école des mères et la langue de nos ancêtres.
La langue ancestrale, la langue kabyle sauvée de l’oubli par nos mères et nos grand-mères.

L’atelier des mères où sont tissées les toges blanches (avernus).
Les toges blanches des garçons devenus des hommes.
Des hommes appelés à siéger à l’assemblée kabyle, pilier de notre démocratie.
Des hommes en toges blanches appelés à défendre leur mère patrie et leur dignité.

L’école des femmes ou le berceau de l’identité kabyle, la mémoire kabyle.

Le berceau.
Le sang.
Azemmur l’olivier kabyle.
Le murmure des feuilles d’olivier bercées par le vent du Jurjura.
Thiwizi la récolte. Le travail et la solidarité.
Les olives foulées avec les pieds ou écrasées au pressoir du coin.
L’huile d’olive kabyle. Le sang kabyle. La vitalité du montagnard.
Zemmur qui coule dans nos veines depuis la nuit des temps.
L’olivier symbole de force et de vitalité.
La couronne d’olivier portée par un enfant persévérant.
L’olivier symbole du pays kabyle et de sa liberté.

Thamurth, la mère patrie. Le Jurjura, l’olivier, la langue kabyle. Un monde fascinant et attrayant.

Aujourd’hui notre mère patrie crie sa douleur. Nous faisons face à un ennemi féroce et sans scrupules, un monstre aux moeurs d’un autre âge. Un ennemi issu d’un autre monde, d’un monde religieusement menaçant et intellectuellement rétrograde. Notre mère patrie est en danger de mort, l’olivier est à la merci de ces hillaliens pyromanes. Nos enfants privés du lait du Jurjura sont nourris au lait de chamelle qui fait crever leurs neurones. L’étau se resserre, la mère patrie étouffe dans le carcan de l’arabo-islamisme hillalien. Le chant kabyle s’est tu, l’école des mères a disparu, elle est désormais supplantée par la madrasa des hillaliens. Le feu est en train de s’éteindre dans l’âtre kabyle.

La Kabylie le berceau de notre grande mère patrie se meurt. Elle en appelle à ses enfants pour venir à son chevet. L’olivier kabyle saigne et pleure de détresse. Le Jurjura appelle au secours, il appelle ses braves filles et fils à résister et se battre face aux agresseurs, face aux forces du mal absolu.
Reprends-toi noble citoyen kabyle, ta patrie est en danger! Tu attends la fin de ce massacre et la danse des hordes hillaliennes sur la tombe de ta patrie? Tu te lamentes dans ton coin ou tu entonnes déjà un requiem pour la Kabylie morte et soumise aux démons hillaliens ? Le Jurjura meurtri perd sa voix, il attend ton écho. Ton silence devant le drame que vit ta patrie, la terre qui t’a vu naître, est une honte. Ton indifférence te vaudra malédiction. Reprends-toi noble citoyen kabyle, ta patrie est en danger! La patrie te convoque, Thamurth a besoin de toi.

Vive la patrie, notre patrie!

D.S