Chômage des jeunes dans la zone euro, des situations très disparates entre le nord et le sud

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EUROPE (Tamurt) – Selon les chiffres publiés par l’Office européen des statistiques (Eurostat), le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique (la zone euro) s’est établi à 17,9 % en décembre 2017, comparativement à 8,7 % pour l’ensemble de la population active. Le chômage des jeunes tend à être structurellement plus élevé que celui des autres groupes d’âge, notamment les très actifs (les 25 ans à 45 ans). La réconciliation travail études, le manque d’expérience et le temps que prend le choix de carrière expliquent en partie la hausse du taux de chômage chez les jeunes.

Depuis l’amorce de la reprise économique vers la fin de l’année 2013 dans la zone euro, le taux de chômage de la population active, tout comme celui des jeunes,  a connu une tendance à la baisse.  À titre indicatif, le taux de chômage de l’ensemble de la population active a atteint un niveau record (12,1 %) d’avril à juin 2013. La baisse du taux de chômage dans la zone euro, confirme la solidité de la reprise économique.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’est élevée en 2017 à 2,5 % par rapport à 1,8 % en 2016 dans la zone euro a annoncé l’Eurostat. Ce chiffre est le meilleur enregistré par la zone euro depuis 2007, avant la crise financière, où la croissance s’était hissée à 3 %. C’est le cas notamment en France (1,9 %), en Allemagne (2,2 %) et en Espagne (3,1 %). Le Royaume-Uni qui n’avait pas adopté l’euro, mais qui faisait partie de l’Union européenne avant sa sortie après le référendum du 23 juin 2016 (le Brexit) a enregistré au cours de 2017 une croissance de 1,8 %, soit près un point de pourcentage au dessous de celle de la zone euro. De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis ont également connu une croissance moins rapide (2,3 %) que celle de la zone euro, entrainant une dépréciation du billet vert américain face à la monnaie unique européenne.

Même si les chiffres de l’emploi sont globalement satisfaisants pour l’ensemble des jeunes européennes, des grandes disparités subsistent entre les 19 pays de la zone euro. Alors qu’en Allemagne, première économie de la zone (3 500 milliards de dollars), le taux de chômage des jeunes était de 6,6 % en décembre 2017 et en Autriche de 9,3 %, il était bien plus élevé dans les pays du Sud. Ainsi, en Grèce, il s’établissait à 40,8 % — en octobre 2017, dernier chiffre disponible pour ce pays —, en Espagne à 36,8 %, en Italie à 32,2 %, au Portugal à 22,1 %.

Grâce à un  tissu d’entreprises relativement bien réparties sur tout le territoire, un système éducatif qui fait la part belle à l’apprentissage (alternance travail, étude) et des entrepreneurs qui sont parties prenantes du programme éducatif, de sorte que le contenu de l’apprentissage en classe correspond précisément aux besoins des firmes, les jeunes allemands et autrichiens ont moins de problèmes à s’insérer sur le marché du travail.

Rappelons que le taux de chômage s’obtient en divisant le nombre de personnes qui ne sont pas en emploi et qui cherchent activement un emploi (les chômeurs) sur le nombre de personnes faisant partie de la population active (les personnes en emploi plus les chômeurs).

Amayas B