Tizi Ouzou / des milliers de travailleurs à Sidi Said : « Dégage ! »

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Abdelmadjid Sidi Said
Abdelmadjid Sidi Said

KABYLIE (TAMURT) – Les vingt et une dairas de de Tizi Ouzou sont paralysées depuis hier par une grève générale ayant touché toutes les activités relevant du secteur étatique. Un débrayage qui se poursuivra encore aujourd’hui et demain. En outre, une marche ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes a ébranlé la ville.

Avec les mêmes mots d’ordre brandis depuis le 22 février dernier, les dizaines de milliers de travailleurs de la fonction publique et des syndicalistes, ont battu le pavé en cet autre lundi de la colère à Tizi Ouzou. Il s’agit cette fois-ci de deux actions de protestation initiées par des dizaines de sections syndicales dissidentes de la centrale de l’UGTA. Les concernés exigent rien moins que la démission de Abdelmadjid Sidi Said, chef inamovible de ce syndicat du pouvoir. Les concernés s’opposent aussi à la décision prise unilatéralement de soutenir Bouteflika dans les décisions qu’ils prend y compris celle de son maintien au pouvoir après l’expiration de son mandat présidentiel le 28 avril prochain. « Sidi Said, dégage » est l’un des slogans les plus récurrents scandés hier lors de la marche de travailleurs d’hier à Tizi Ouzou et qui a conduit les milliers de manifestants du stade du 1 er novembre au carrefour Matoub-Lounès.

Par ailleurs, la grève à laquelle a appelée l’union de wilaya de Tizi Ouzou de l’UGTA pour dénoncer l’attitude de la direction nationale du syndicat dont Sidi Said bien sûr, a été massivement suivie puisque l’ensemble des activités dans le secteur public comme les agences postales, les banques, les mairies, les administrations etc. étaient à l’arrêt et le demeureront encore pour deux autres journées; Un autre appel lancé par le syndicat autonome, le Snapest, pour une grève de trois jours des fonctionnaires des mairies a aussi reçu un écho des plus favorables de la part des concernés. Ces derniers ont observé des rassemblements de protestation devant les sièges des APC pour dénoncer la volonté de Bouteflika et de son clan de demeurer au pouvoir malgré la volonté du peuple.

« Bouteflika, dégage » est, en outre, l’un des slogans qui a le plus retenti hier aussi bien lors de la marche des travailleurs dans la ville de Tizi Ouzou que lors des sit-in observés devant les mairies. Un appel qui n’a pas été encore entendu par les concernés qui veulent vraisemblablement pousser au pire. C’est la seule conclusion à tirer devant un tel entêtement à faire la sourde oreille devant la volonté de toute un peuple qui manifeste pourtant pacifiquement et de façon très civilisée.

Tarik Haddouche