Tizi Ouzou : guerre entre les journalistes et le nouveau wali

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Mahoud Djemaa wali de Tizi Ouzou
Mahoud Djemaa wali de Tizi Ouzou

KABYLIE (TAMURT) – Le torchon brûle entre le nouveau wali de Tizi Ouzou, Mohamed Djemâa et la corporation des journalistes de la région. En effet, le nouveau wali, Mohamed Djemâa, n’a pas tardé à riposter à l’action de boycott que lui avaient réservé les journalistes de Tizi Ouzou, surtout ceux exerçant dans le secteur privé.

Tout a commencé avec l’organisation d’une rencontre de prise de contact, comme c’est la tradition, entre le nouveau premier magistrat de la wilaya de Tizi Ouzou et la corporation des journalistes. Des invitations ont été lancées à tous les journalistes de la presse écrite, audio-visuelle et parlée pour une prise de contact au siège du cabinet de la wilaya. Mais le jour J., la quasi-totalité des journalistes ont boycotté cette rencontre. Il s’agit d’une décision qui rentre dans le sillage du mouvement populaire en cours en Algérie depuis le 22 février dernier.

Le wali s’est alors retrouvé uniquement face à trois journalistes exerçant dans le secteur public. Tous les journalistes de la presse privée ont jugé qu’il serait mal venant de prendre part à cette activité avec le wali au moment où les citoyens, dans toutes les régions, refusent d’accorder du crédit aux représentants de l’Etat désignés par un gouvernement et un chef de l’état qui ne jouissent d’aucune crédibilité. Selon de nombreuses sources, le wali Mohamed Djemâa a très mal accusé ce coup car il comptait beaucoup sur l’apport des journalistes à Tizi Ouzou pour gérer cette période très difficile surtout qu’à Tizi Ouzou, les journalistes opportunistes qui font la cour aux représentants de l’état, ce n’est pas du tout ce qui manque.

Mais il se trouve que cette fois-ci, même ces derniers ont failli à la règle. Ils ont rejoint, par opportunisme bien sûr, le train de la majorité. Cette attitude a donc poussé le wali de Tizi Ouzou à prendre la décision de rendre la monnaie aux journalistes qui l’avaient boudé. Il a pris la décision de ne pas les inviter aux activités officielles et sorties de travail et d’inspection des différents projets qu’il organisera dans la wilaya. Ce qui n’a pas été du goût d’une partie des journalistes qui ont dénoncé cette réaction, pourtant prévisible de la part du wali. Aux dernières informations, on croit savoir que, suite à des instructions qu’auraient reçu le wali « d’en haut », ce dernier est sur le point de revenir sur sa décision d’exclure les journalistes de la couverture des activités de la wilaya.

Reste à savoir si les journalistes, de leur côté, ne prendraient pas la décision de réagir de la même manière, c’est-à-dire de refuser de couvrir les activités du premier magistrat de la wilaya. Surtout quand on sait que ce wali a été désigné de manière illégale et anticonstitutionnelle. Pour rappel, en l’absence d’un Président de la République dûment élu, aucun autre responsable, fut-il le président de l’Etat par intérim Abdelkader Bensalah, n’a le droit de nommer un wali. La nomination du premier responsable de la wilaya se fait par décret présidentiel, selon la Constitution algérienne.

Tarik Haddouche