Tizi Ouzou : La librairie Cheikh ou le refuge des écrivains

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CULTURE (Tamurt) – Dans la wilaya de Tizi Ouzou, la librairie Cheikh, qui est la plus ancienne de la région, est une véritable maison des écrivains et des lecteurs férus de livres, tous genres confondus. La librairie Cheikh de Tizi Ouzou est incontestablement le lieu qui a été visité par le plus grand nombre d’écrivains de tous horizons. Et pour cause, son gérant, Omar Cheikh, un grand amoureux de la littérature et de la culture, est demeuré un fidèle du livre malgré toutes les tempêtes qui ont secoué ce créneau en Algérie notamment durant les années de sang où la majorité des écrivains se sont éclipsés et où il n’était du tout pas évident que le livre ou un écrivain fasse parler de lui.

La librairie Cheikh est restée ouverte en dépit du fait que de nombreuses autres librairies de la même ville, dont certaines étaient importantes et avaient pignon sur rue, ont mis la clé sous le paillasson et se sont converties en pizzerias ou encore en magasins d’habillement pour hommes ou femmes. La librairie Cheikh n’a jamais failli à sa tradition d’accueillir presque tous les samedis un écrivain pour une séance de vente-dédicace et de débats culturels souvent très riches. De nombreux auteurs sont donc passés par là et certains sont de grande renommée alors que d’autres sont des débutants.

Omar Cheikh, le directeur de la librairie ne fait pas de ségrégation entre les auteurs et donne sa chance à tout le monde car ce qui l’intéresse, ce n’est point gagner de l’argent en initiant continuellement ces rencontres littéraires. D’ailleurs, dans la majorité des cas, Omar Cheikh en rajoute de sa poche. Mais malgré tout, Il demeure fidèle à sa conduite, lui qui a la lourde charge de gérer la plus ancienne librairie de la région, ouverte depuis le début des années trente.

La librairie Cheikh abrite à elle seule l’équivalent de ce qu’accueilleraient plusieurs établissements culturels, disposant de moyens et de personnels adéquats. Si un jour un hommage devait être rendu à un homme qui a beaucoup donné pour le livre et contribué plus qu’aucun autre à la promotion des écrivains et de leurs œuvres, le choix serait vite fait. Qui d’autres que Omar Cheikh mériterait cette palme ?

Tahar Khellaf