Tizi-Ouzou, le phénomène est toujours là : Un chauffeur de transport de voyageurs kidnappé puis relâché

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – En cours de route, ajoute notre source, la victime a été ligotée puis un bandeau lui a été mis autour de la bouche par ses ravisseurs qui l’ont jeté à l’arrière du véhicule sans lui souffler un mot. Ils tourneront avec lui jusqu’à ce qu’il soit relâché.

On a ajouté qu’ils ne lui ont ni adressé la parole, ni demandé quoi que ce soit. En égard à tous ces éléments, il est aisé de dire que les ravisseurs qui étaient armés, n’avaient pas pour objectif de kidnapper le transporteur en vue d’une rançon. C’était certainement pour une mission quelconque, car utiliser ce type de moyen de transport peut bien servir de technique de diversion et pour les groupes armés et pour les bandits de tout acabit afin qu’ils se meuvent en toute quiétude.

On rappellera que le dernier acte d’enlèvement enregistré à Tizi-Ouzou a été perpétré le 8 août dernier contre le fils d’un commerçant de la localité de Mechtras, dans la daïra de Boghni, à environ 35 kilomètres de Tizi-Ouzou. La victime, D. Amar, âgé de 21 ans, rentrait de la ville de Boghni au moment Elle a été surprise par des individus armés. L’otage a été libéré moins de 48 h après son enlèvement.

Les kidnappeurs ne gardent plus leurs otages pendant longtemps. Il se pourrait que cela soit un nouveau mode opératoire afin d’éviter la mobilisation des citoyens qui, à plusieurs reprises a permis de libérer des otages sans le paiement de rançon. Le sursaut citoyen des habitants de plusieurs régions de la Kabylie a souvent payé. La wilaya, connue pour sa topographie singulière, caractérisée par un relief accidenté et l’étendue de ses vastes massifs forestiers difficilement accessibles, pour ne pas dire impossibles d’accès, est devenue, depuis l’apparition du terrorisme au début des années 1990, une région où rôde la mort, la peur et la psychose. Ces vastes massifs forestiers sont devenus par la force des choses, de véritables bases-arrières pour les groupes islamistes armés affiliés à El Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ex-GSPC.

L’apparition du phénomène du terrorisme, a complètement redessiné la carte politique et sécuritaire locale. Si au début, les groupes armés avaient des sources de financement pour renflouer leurs caisses, en optant, entre autres, pour le racket qu’ils opéraient en dressant des faux barrages et à imposer une sorte de «dîme» à certaines personnes aisées, la donne a changé depuis 2005. Aux opérations de chantage déjà existantes, s’est greffé le phénomène du kidnapping.

Depuis sept années maintenant, la wilaya de Tizi-Ouzou a enregistré 69 cas d’enlèvements. Pratiquement aucune région n’a échappé à ce fléau. Du coup, c’est toute la wilaya qui en pâtit sur tous les plans, notamment sécuritaire et économique. Ils sont d’ailleurs des dizaines d’investisseurs potentiels à quitter Tizi-Ouzou pour aller s’installer sous des cieux plus cléments. Le tissu économique au niveau de cette wilaya est presque réduit à rien. Le chômage ronge des pans entiers de la société et inéluctablement s’appauvrissent d’avantage et la misère écrase la région.

Lounès O