Tizi-Ouzou : le wali n’envisage pas l’empêchement du rassemblement du 03 août au carrefour Lounès Matoub

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le wali de Tizi-Ouzou, Abdelkader Bouaghzi, n’envisage pas l’empêchement du [rassemblement citoyen prévu pour le 3 août 20I3->http://www.tamurt.info/appel-pour-la-liberte-de-conscience-en-kabylie,4339.html] à onze heures au carrefour Lounès Matoub à l’effet de casser le tabou ramadhanesque.

C’est ce qu’il a laissé entendre suite à la question qui lui a été posée à ce sujet à l’issue de la conférence de presse qu’il a animée hier après-midi au siège de la wilaya. Abdelkader Bouaghzi a semblé même exclure le risque de confrontation entre les manifestants, partisans de la laïcité, et les islamistes. Toutefois, le conférencier a semblé également classer l’événement comme un « non événement » tant sa réponse a été légère en quelque sorte.

Il est vrai cependant qu’Abdelkader Bouagzi a convoqué ce rendez-vous avec la presse pour lui présenter le bilan des réalisations de ses services déconcentrés et la situation générale de la wilaya de Tizi-Ouzou en matière de développement ; autrement dit de ce qui a été fait en matière de développement et de ce qui reste à faire. Dans ce cadre précis justement, le wali n’a pas caché sa satisfaction du bilan des réalisations. Le satisfecit a été réservé à la direction des travaux publics (DTP) de la wilaya puisque ses crédits peuvent être entièrement consommés avant la fin de l’année en cours. Quant à la direction du logement et des équipement publics (DLEP), le conférencier a admis qu’elle gère le plus gros dossier puisqu’elle gère pas moins de 500 opérations et le coût de son programme est de l’ordre de cent (100) milliards de DA dont 70 milliards de DA sont réservés aux moyens d’équipements.

Abdelkader Bouaghzi, bien dans sa peau, a affirmé au parterre de journalistes que 90% des programmes sont lancés. Même certains dossiers mis sous les boisseaux depuis belle lurette, comme le projet de construction d’un CEM (collège d’enseignement moyen) remontant à l’année 2004 et celui d’un lycée à Souk El Thnine qui remonte à l’année 2006, sont déterrés et posés à nouveau sur le bureau. En tout, selon le premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi-Ouzou, 21 lycées et 21 CEM sont en cours de réalisation à travers la wilaya. Dans le secteur de l’hydraulique, la situation prête également à l’encouragement dès lors que « toutes les opérations inscrites et retenues sont lancées ». S’agissant du blocage du projet du barrage de Tizi-N’thlatha, Abdelkader Bouaghzi n’a pas caché sa désolation mais affirme toutefois que rien n’est perdu et qu’il ne lésine sur aucun moyen pour débloquer la situation « car ce barrage de Tizi-N’thletha est d’une importance capitale pour le développement de cette région ».

S’agissant des raisons de ce blocage, le conférencier n’hésite pas à jeter la pierre sur les personnes concernées par l’expropriation et, par conséquent, l’indemnisation. Pour donner plus de crédit à sa version des faits, le conférencier est allé jusqu’à faire la genèse de l’affaire. Selon ses dires donc, après moult négociations avec les personnes concernées par l’expropriation, le coût de l’indemnisation a été arrêté à 06 milliards de DA. Plus tard, il sera exigé de l’Etat la construction de 172 logements ; demande qui aura un avis favorable même si le terrain devant accueillir les constructions appartenait à un privé ; donc l’acheter. Bien plus tard, ces personnes concernées ont demandé la construction de villas et non des HLM (habitation locale moyenne). Et encore plus tard, les fils célibataires de ces familles ont demandé chacun un logement. Au passage, le wali a révélé que le porte parole de ces personnes concernées par l’expropriation puisqu’elles l’ont placé à la tête de l’association qu’ils ont formée juste à cet effet a fait dans la tricherie puisqu’il a demandé en plus d’un logement pour lui, c’est-à-dire sa famille entière, il a inscrit sur la liste des bénéficiaires au logement deux de ses fils célibataires. Les services de l’Etat ont découvert la supercherie après que ce président d’association fut l’objet d’une dénonciation. « Aujourd’hui, signale Abdelkader Bouaghzi, le montant de l’indemnisation est bloqué ». Il a même avoué que c’était une chance que cet argent devant servir à l’indemnisation ne fut pas perçu, car, dans le cas contraire cela aurait été un problème impossible à gérer ».

A la question de savoir pourquoi est-ce que les pouvoirs publics n’ont pas craint les citoyens concernés par le nouveau stationnement (celui de l’ex-siège de l’EDIMCO situé à la sortie de la ville sur un terrain vague où il n’existe aucune commodité) qu’on leur a imposé de se soulever alors qu’ils (les pouvoirs publics) baissent l’échine devant la demande « les exigences hors la loi » des personnes concernées par l’indemnisation qui sont pourtant au nombre extrêmement restreint ? Le wali dit tout simplement qu’entre la ville et la campagne, ce n’est pas la même chose. A l’observation ( ce n’est pas une question) qui lui a été faite, à savoir que quelque part au niveau des sphères d’en haut, il y a une volonté manifeste de bloquer la réalisation de ce barrage de Taksebt. Abdelkader Bouaghzi, comme piqué par une guêpe, a déclaré aussitôt d’une voix solennelle qu’il fait tout pour que ce projet ne tombe pas à l’eau, et, par conséquent, il n’est absolument pas concerné par une éventuelle tentative de blocage du projet. – Naturellement, le wali de Tizi-Ouzou n’est pour rien dans ce blocage du projet de construction du barrage de Taksebt. D’ailleurs, aucun soupçon n’a jamais pesé sur lui. Nous le lui avons même affirmé – Toujours est-il donc que d’après sa vive réaction à cette observation, un cercle tout puissant d’Alger ne veut pas de ce barrage de Tizi-N’tletha. Sinon, aucune personne n’a le droit de s’opposer à une expropriation si le projet devant être implanté sur son terrain est d’utilité publique. C’est le cas d’un barrage. Plus encore, l’indemnisation doit se faire selon la fourchette officielle et, qui, naturellement, est fixée ou arrêtée par l’Etat. Toutefois, la fourchette varie selon la nature du terrain. L’Etat négocie les conditions d’expropriation lorsque le projet est de nature commerciale. Dans ce cas encore, en cas de mésentente sur le prix de l’achat-vente du terrain, l’Etat n’a pas le droit d’exproprier la personne propriétaire du terrain. Ces notions sont enseignées dans toutes les facultés du droit commercial. Pourquoi alors négocier avec les propriétaires des terrains où doit être implanté le projet du barrage ?

Toujours à propos du foncier qui fait tellement défaut à la wilaya de Tizi-Ouzou suite aux innombrables erreurs commises par les anciens commis de l’Etat durant la période allant de 1980 jusqu’à la fin de la décennie 1990, Abdelkader Bouaghzi a affirmé que le gouvernement a octroyé une enveloppe de dix (10) milliards de DA pour l’achat de terrains auprès des privés, et ce, pour l’implantation de projets de développement, notamment, la création de zones d’activités. « Nous allons encore demander de l’argent au gouvernement pour ce genre de dépenses car il est impératif de mettre l’accent sur le foncier industriel », a clamé le conférencier. Le premier commis de l’Etat de la wilaya de Tizi-Ouzou a estimé également que l’avenir socio-économique de la wilaya de Tizi-Ouzou réside beaucoup plus dans les domaines industriel et touristique que dans l’agriculture. L’élément temporel et les moyens à mettre en œuvre ne sont pas aussi déterminants dans le domaine agricole comparativement à l’industrie , a estimé le conférencier.

Au chapitre social, plus exactement dans le cadre du logement social, Abdelkader Bouaghzi a déclaré que d’ici un an, le programme de logements dépassera de loin celui de la demande au niveau du chef-lieu de la wilaya. « Je voudrais que vous annonciez cela dans la presse pour que les citoyens de la commune de Tizi-Ouzou déposent sans tarder leurs dossiers au niveau de la daïra », a lancé le wali aux journalistes. Dans sa très longue intervention, Abdelkader Bouaghzi a parlé du pôle d’excellence de Oued-Falli, du CHU qui sera implanté dans la même zone, de l’étude et le traitement des glissements de terrain des régions côtières d’Azefoun et de Tigzirt. Pour Azefoun, l’enveloppe financière qui lui est allouée est d’un montant de 90 milliards de centimes. Pour Tigizrt où le glissement de terrain menace la ville, son enveloppe sera de 600 millions de DA. Quant à la question de l’environnement, le wali a déclaré sans ambages qu’il s’est retrouvé tout seul face à ce problème. « Où sont donc ces élus du peuple », s’est interrogé le conférencier ; interrogation qui est synonyme du procès des élus locaux. Abdelkader Bouaghzi, après avoir « prouvé » les fuites en avant des élus et même de la presse qui n’a jamais rapporté les faits où les citoyens ont grandement outrepassé leurs droits, a déclaré que la solution définitive aux problèmes de l’environnement est l’implantation de CET (centre d’enfouissement technique) dans les zones que les services compétents auraient à désigner. Tout en soulignant qu’il existe des entreprises professionnelles dans le traitement des déchets ménagers, le wali est revenu sur deux cas où les citoyens, avec la complicité passive des élus locaux, ont commis des erreurs. La première a eu lieu à Bouhir. Les opposants à l’implantation d’un CET sont allés jusqu’à incendier et saccager le matériel d’une entreprise chargée de la réalisation des travaux. Les dégâts causés sont estimés à 47 milliards de DA. Une autre opposition « musclée » a eu lieu aux environs du village d’El-Kelaâ, dans la commune de Tigzirt. Quand une tentative d’implanter un CET à la limite ouest de la commune de Mizrana, c’est-à-dire à la limite du territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou, « lieu habité seulement par des terroristes », ce sont les citoyens du village Afir, de la wilaya de Boumerdès qui s’y sont opposés. « Et dans chacune de ces situations, réitère Abdelkader Bouaghzi, je me suis retrouvé tout seul ». Après de longues explications sur ce chapitre de l’environnement, le conférencier a été saisi sur la question des baptisassions. Abdelkader Bouaghzi a souligné que l’écrivain journaliste, feu Tahar Djaout, mérite une telle reconnaissance. « J’ai ma petite idée là–dessus », a soufflé le conférencier sans toutefois indiquer le lieu ou l’établissement devant être baptise au nom de cet intellectuel « assassiné par des terroristes ». « Lounès Matoub et Tahar Djaout étaient des monuments », a déclaré le conférencier. Pour des raisons temporelles puisqu’ils étaient tenus d’envoyer leurs articles avant l’heure de bouclages, les journalistes présents ont décidé de prendre congé du conférencier. D’habitude, c’est le conférencier qui met fin à son intervention et non les journalistes. Cela veut dire qu’Abdelkader Bouaghzi avait encore des choses à dire.