Tizi Ouzou : Un colloque du MCB boudé par les Kabyles

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KABYLIE (TAMURT) – Un colloque ayant regroupé des figures très connues du Mouvement culturel berbère-MCB, samedi et dimanche derniers ainsi que des militants ayant fait partie de divers événements ayant trait au combat identitaire, a été carrément boudé par les citoyens de Kabylie. La salle de conférence était vide !

La rencontre en question, très riche en débats et en témoignages, s’est déroulée dans une salle pratiquement vite et où n’étaient présents que les personnes invités par les organisateurs que sont d’anciens militants du MCB (Mouvement culturel berbère). Ce colloque ayant pour but de débattre du bilan et des perspectives qui s’offrent au mouvement amazigh de manière générale a eu lieu samedi et dimanche dernier à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.

Durant la première journée, les organisateurs ayant cru qu’il y allait y avoir une grande affluence à ce colloque, avaient opté pour la grande salle de spectacles de la maison de la culture. Mais suite à la déception ayant été engendrée naturellement par cette défaillance et faible participation de la part du public, les organisateurs ont été obligés de changer de lieu de la tenue dudit colloque pour la deuxième journée en le déplaçant vers la salle du petit théâtre du même établissement culturel. Malgré ce changement, même cette salle était clairsemée, a-t-on constaté sur place hier. Pourtant, de nombreuses figures de proue du mouvement culturel berbère, de l’Académie berbère, les poseurs de bombes étaient présents et ont animé des conférences-débats et autres table-rondes. On peut citer à titre d’exemple, Ramdane Achab, qui n’est pas à présenter, plusieurs détenus parmi les 24 du printemps berbère à l’instar de Aziz Tari, Mouloud Lounaouci, Idir Ahmed-Zaid, d’anciens membres de l’académie berbère comme Youcef Hebib, le poseur de bombe Ahcène Cherifi, des militants du mouvement berbère ayant énormément activé du temps de la clandestinité comme Arab Aknine, Malika Ahmed-Zaid et d’autres personnalités du monde amazigh comme Hamou Boumedine, Hakim Saheb, Ouezna Moula, Abderrahmane Yefsah, Mbarek Guerbas…

Le colloque est une excellente initiative en ces temps de vache-maigre pour la culture en Kabylie. Malheureusement, l’échec des organisateurs à drainer les foules a empêché cet événement d’être une réussite malgré le niveau élevé de la majorité des conférences et les témoignages émouvants d’une partie des intervenants. Selon de nombreux observateurs, la remise du flambeau entre l’ancienne génération de militants kabyles de la cause identitaire berbère et les jeunes des nouvelles générations n’est pas une choses facile. Des analystes n’hésitent pas à aller jusqu’à dire que les temps ont changé et que les kabyles d’aujourd’hui ont d’autres préoccupations différentes de celles qui motivaient la génération de 1980.

Dans son album de 1988, Matoub Lounès avait anticipait, voire prophétisait, sur le fait qu’il y avait un risque que les générations post-1980 allaient finir par être gagnées par la lassitude.

Tarik Haddouche