Tizi-Ouzou : vibrant hommage aux martyrs de la révolution de la famille Challal

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HOMMAGE (Tamurt) – La famille Challal du village de Tissegouine, commune de Boudjima et aârch d’Ath-Ouaguenoun a participé activement à la guerre sanglante qu’a livrée le FLN à la France pour libérer le pays. Hormis les neuf Moudjahidine qui ont survécu à ces années de feu dont il ne reste à présent que deux vivants, la famille challal a enregistré sept (07) martyrs.

Il s’agit de Ali Moh-Saïd, Ali Kaci, Saïd n’Hand Oussaïd, Arezki et son frère Ramdane, fils de Mohamed et enfin, Belkacem fils d’Amar. Ali Moh-Saïd ont pris les armes le Premier novembre 1954 à zéro heure. Le premier cité a pris part à l’attaque ayant ciblé la brigade de gendarmerie et le commissariat de police de Tigzirt. Le second a pris part à l’attaque de la brigade de gendarmerie de Blida. Le plus jeune de ces martyrs est Belkacem. Il n’avait pas encore 16 ans quand les forces coloniales, après d’effroyables tortures qu’ils ont infligées à son frêle corps d’adolescent, n’ont pas hésité à vider sur lui les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs.

Pour rendre hommage à ces martyrs, initiative qui revient en premier à la famille Challal, à sa tête Moh-Saïd Kaci , Moudjahid et frère cadet du martyr Ali-Kaci, le rendez-vous est donné aujourd’hui au siège du Musée du Moudjahid de M’douha (Tizi-Ouzou) où des plusieurs centaines de personnes des deux sexes et de tous les âges l’ont honoré de leur présence. En sus de la jeunesse, toute issue de la famille révolutionnaire, l’ONM a été également fortement représentée.

La cérémonie fut entamée par le dépôt d’une gerbe de fleurs au carré des Martyrs laquelle fut suivie d’une minute de silence à la mémoire des martyrs et la lecture de la fatiha. De retour à la grande salle de conférence, le coup d’envoi des travaux lesquels sont traduits par des témoignages de celles et ceux ayant connu et côtoyé les 07 martyrs et fut marqué l’écoute du chant national.

Le premier témoignage a été fait par le Moudjahid Ahmed Kacimi. L’homme, qui a rejoint les rangs de l’ALN-FLN au mois de février 1956 a fait un récit poignant sur Ali Moh-Saïd, Ali-Kaci et Saïd n’Hand Oussaïd. A travers ces témoignages, l’assistance, les jeunes notamment, a appris que la prise des armes n’a fait que suivre un long processus du mouvement politique. Ceux qui avaient surtout pris les armes le premier novembre 1954 ont mené auparavant de longues activités politiques.

Les témoignages ont révélé que c’était au domicile d’Ali-Moh-Saïd que se tenaient les réunions des militants. « C’est aussi à son domicile qu’ Ali-Moh-Saïd recevait Krim Belkacem et Ali Mellah pour mettre au point les préparatifs du déclenchement de la guerre » a souligné le Moudjahid Ahmed Boukherroub.

Quant au président de l’APC de Boudjima, Smaïl Boukherroub, lui-même issu de la famille révolutionnaire, a tenu à souligner le rôle « prépondérant » qu’ont joué les habitants des villages de Tissegouine, Tarihant, Yaskren pour ne citer que ceux-là dans la guerre d’indépendance de l’Algérie.

Les intervenants ont également expliqué que l’adhésion à la révolution reposait souvent sur le lien parental. Autrement dit, quand quelqu’un embrasse le FLN, il entraîne souvent avec lui le reste de sa famille et de ses parents et amis. De même, le premier magistrat de la commune de Boudjima a déclaré que la région de Boudjima est l’une des premières, voire la première à être habitée dans toute l’Afrique du Nord.

Smaïl Boukherroub, qui est connu pour ses compétences en matière d’histoire et d’anthropologie, citera l’exemple du rocher appelé « Azrou Imiyazène » sur lequel sont gravées des gravures rupestres. Ce rocher, déjà visité à plusieurs reprises par des équipes scientifiques, se trouve à la sortie sud des villages de Tissegouine et Tarihant, sur la piste menant vers l’Azaghar. En fin, avant de poser le micro, Smaïl Boukherroub s’est violemment attaqué à celles et ceux prêchant le discours selon lequel la France a « octroyé » l’indépendance à l’Algérie ou « ceux qui ont arraché l’indépendance du pays sont bien morts ». « Est-ce donc à déduire que le général GIAP qui a survécu à la guerre n’a pas participé à la guerre d’indépendance de son pays ? », martèle l’intervenant en guise de réponse aux détracteurs de la guerre d’indépendance de l’Algérie.

En ce qui le concerne, le chercheur en histoire et non moins officier de l’ALN, Ouali Aït-Ahmed en l’occurrence plaidera pour la thèse de chaque village avec son association culturelle qui s’occupera de l’écriture de l’histoire de son village, notamment concernant le volet portant sur la guerre d’indépendance du pays. Ouali Aït-Ahmed a insisté sur l’urgence et l’importance de l’écritoire de l’histoire.

A l’instar de Smaïl Boukherroub, l’officier de l’ALN a réussi à démontrer que les tenants du discours « c’est Charles de Gaules qui a octroyé l’indépendance à l’Algérie » sont ceux qui soufrent d’un déficit patriotique. Ouali Aït-Ahmed ira jusqu’à expliciter la portée de l’hymne national algérien « Kassaman ».

Quant au premier responsable de l’ONM de Tizi-Ouzou, il révélera à l’assistance que beaucoup de martyrs de la wilaya de Tizi-Ouzou ne sont pas encore reconnus jusqu’à maintenant. Ce responsable de l’ONM a clamé haut et fort que le nombre réel de martyrs au niveau de « notre wilaya dépasse de loin le nombre officiel qui est de 20.000 ». « Ce n’est que maintenant, dit-il, que nous avons reçu carte blanche des pouvoirs publics pour que nous procédions aux rectificatifs nécessaires ».

Les enfants de Chouhada furent également nombreux hier à ce mémorable rendez-vous. La grande famille des enfants de Chouhaha a été représentée par Lounès Benziad et Moh-Saïd Chara lesquels ont prononcé des discours fort élogieux non seulement à l’endroit de la famille Challal mais aussi à l’endroit de toutes celles et tous ceux qui ont donné leur sang et leur sueur pour faire retrouver au peuple algérien la dignité de tous les peuples libres.