Tizi-Ouzou, démission collective des militants : Sale temps pour le FFS

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La saignée dans les rangs du Front des Forces Socialistes se poursuit. Des militants et des élus continuent de claquer la porte du parti déjà assez secoué par les tempêtes qui le traversent depuis le debut de l’année. Pas moins de 40 militants actifs des localités d’Agouni Gueghrane et d’Ath Bouadou, dont des anciens, ont annoncé le 12 janvier au soir leur démission définitive du parti de Hocine Aït Ahmed qui a abandonné le chemin de l’opposition ces dernières années. La raison évoquée par les démissionnaires n’est autre que l’abandon du FFS de sa ligne politique initiale.

Les dernières locales et législatives, largement boycottées en Kabylie, ont étalé au grand jour le véritable visage de ce parti politique créé en 1963. « L’actuelle direction excelle dans la docilité, la servitude, la recherche de l’intérêt personnel mais surtout la compromission », accusent clairement les militants démissionnaires dans leur déclaration. L’annonce du retrait de Hocine Aït Ahmed de la direction du parti a accéléré la mort du FFS. Les militants les plus fidèles à cette formation politique ne font plus confiance à aucuns autres responsables. Les participations successives à toutes les élections que le pouvoir central d’Alger organise ces dernières années ont démontré l’opportunisme flagrant de ce qui reste des militants du FFS.
Aucun des fiefs traditionnels du FFS n’est épargné par l’évasion des militants. Ce parti, jadis majoritaire en Kabylie, n’a obtenu que 2 communes avec une majorité absolue sur les 67 que compte Tizi-Ouzou. Il fallait au FFS, qui désormais caresse dans le sens du poil, de contracter une alliance contre nature avec le RND et le FLN pour enfin prendre une dizaine de communes.
« Nous sommes convaincus que la déviation est irrévocablement consommée et qu’il demeure impossible de soustraire le parti des griffes et tentacules du pouvoir… la compromission et la prosternation du FFS devant le pouvoir est amplement confirmée par l’arbitraire qui s’est abattu sur tous les cadres honnêtes, intègres, crédibles et compétents », indiquent les 40 militants qui ont démissionné du FFS ce week-end.

Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de la classe politique traditionnelle en Kabylie. Cette dernière est fractionnée et fait le jeu du pouvoir, estiment les observateurs de la scène politique.

Syfax N’Ath Wuzguen