Tizi-Ouzou : Le public boude le festival du film amazigh

1
festival film amazigh

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Les projections des longs et courts métrages ainsi que des documentaires dans le cadre du festival du film amazigh de Tizi-Ouzou se déroulent dans des salles vides, a-t-on constaté depuis le premier jour de cette activité culturelle, dimanche dernier.

Même les festivaliers sont introuvables au moment des projections et ne sont visibles qu’au moment du déjeuner et du diner. Il faut dire que l’une des raisons principales de la désaffection du public au festival du film amazigh de Tizi-Ouzou est la médiocrité et la qualité des productions audio-visuelles présentées. La majorité des réalisateurs sont inconnus au bataillon et ont versé dans la réalisation sans avoir aucun parcours professionnel et sans avoir suivi une formation dans le domaine. Certains auteurs de productions, qui prennent part à ce festival, se sont improvisés réalisateurs du jour au lendemain alors qu’auparavant, ils n’exerçaient aucun métier lié au cinéma ou à l’audiovisuel.

Devant l’absence de productions cinématographiques dignes de ce nom, en Algérie, le comité de sélection des films du festival de Tizi-Ouzou, n’avait pas le choix. Il a été contraint de valider des productions de piètre qualité juste pour maintenir ce festival qui sert de faire-valoir au pouvoir algérien qui fait mine de reconnaitre l’identité et la langue amazighes mais qui, en même temps, combat les compétences et encourage les médiocrités. Des réalisateurs professionnels, comme Belkacem Hadjadj et tant d’autres refusent carrément de cautionner le festival du film amazigh de Tizi-Ouzou malgré que le pouvoir leur propose des cachets faramineux. On se souvient que lors de l’édition de ce même festival qui a eu lieu à Azzefoun, le jury, présidé par le grand réalisateur Mohamed Iftissen, a refusé d’attribuer l’Olivier d’Or à cause du niveau très bas des productions ayant postulé à ce prix.

Tahar Khellaf