Tizi-Wezzu: Rédha Malek refuse de parler de l’assassinat de Abane Ramdane

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Tizi-Wezzu: Rédha Malek refuse de parler de l’assassinat de Abane Ramdane
Tizi-Wezzu: Rédha Malek refuse de parler de l’assassinat de Abane Ramdane

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Je vais vous parler de tout sauf de l’assassinat de Abane Ramdane, c’est le message qui a été transmis jeudi dernier à Tizi-Wezzu par l’ancien chef du gouvernement et témoin privilégié de la guerre d’Algérie Rédha Malek.

Il a animé une conférence à la maison de la culture Mouloud-Mammeri. Il a été invité par une association pour parler de Abane Ramdane, sous toutes ses facettes. Mais il se trouve que Rédha Malek a opposé un niet ferme à ses interlocuteurs et ils étaient fort nombreux à lui avoir demandé d’évoquer l’assassinat de Abane Ramdane quand le débat a été ouvert.

Certes, Rédha Malek n’a pas tari d’éloges en parlant du grand héros qu’était Abane Ramdane et de son apport à la révolution, notamment la planification du congrès de la Soummam mais aussi et surtout le fait qu’il a été un rassembleur de tous les courants qui se déchiraient à la veille du déclenchement de la guerre en novembre 1954. Ce que tout le monde sait, même si certains feignent de l’oublier et de le faire oublier. Ce qu’a raconté Rédha Malek au sujet de Abane Ramdane a été mille et une fois ressassé  en de nombreuses occasion et fait l’objet de centaines de pages d’Histoire. Le virage auquel était attendu Rédha Malek, en revanche, est l’épisode de l’assassinat de l’architecte du congrès de la Soummam. Là, Rédha Malek a observé un mutisme total.

En effet, Rédha Malek n’aurait pas pu aborder le sujet de l’assassinat de Abane Ramdane, non sans être gêné. La raison pourrait être toute simple. Et, une bonne partie de l’assistance l’ignorait certainement, surtout les jeunes. Quand l’information de l’assassinat de Abane Ramdane avait été donnée officiellement par le journal du FLN, El Moudjahid, en décembre 1957, c’est Rédha Malek qui était le directeur de cette publication. Et à l’époque, ce journal n’avait aucunement parlé d’assassinat. Il y était plutôt écrit, noir sur blanc que : « Abane Ramdane était tombé au champs d’honneur, en chahid ». Rédha Malek aurait eu du mal, sans doute, à se défendre si, dans la salle, quelqu’un lui aurait reproché : comment en tant que directeur de publication du journal El Moudjahid, il avait toléré le passage d’un tel mensonge historique concernant un assassinat masqué en mort en martyr.

Lyès Medrati