Transcription de tamazight : Campagne de l’islamiste Makri contre les caractères latins

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Abderrazak Makri
Abderrazak Makri

ALGÉRIE (Tamurt) – Abdrezzak Makri, l’islamiste-intégriste qui dirige le Mouvement de la société pour la Paix (MSP) de  Mahfoud Nahnah, par intermittence, est en train de mener, ces jours-ci, une campagne intense contre les caractères latins et pour les caractères arabes concernant la transcription de la langue tamazight. Cet islamiste que beaucoup d’observateurs classent dans la catégorie des pions dociles du pouvoir chargé de camper le rôle d’islamiste modéré, a donc trouvé une nouvelle passion : Tamazight. Lui dont le parcours professionnel et politique a toujours été aux antipodes de tout ce qui a trait à l’amazighité, langue, culture et identité. Du jour au lendemain, il se penche sur cette question comme s’il s’agissait de l’un des points cardinaux du programme politique du parti qu’il dirige, quand on l’ordonne de le faire.

La dernière trouvaille de Abderrezak Makri, c’est sa déclaration des plus anodines : « La transcription de la langue tamazight en caractères latins est une machination du colonialisme français », a-t-il lâché en analyste « averti et bien formé et informé » pour soutenir une telle thèse. Bien sûr, ce n’est ni à Bgayet, ni à Tizi Ouzou ni à Bouira que Abderrezak Makri a fait de telles déclarations sottes mais à … El Oued. Abderrezak Makri, à l’instar de son père spirituel, Mahfoud Nahnah est un spécialiste de la distribution des discours à la lettre. C’est lors d’un meeting à El Oued, dans le sud algérien que Abderrezak Makri a osé franchir le Rubicond. Quand on sait que dans toute la Kabylie, seule région où Tamazight est enseigné du primaire à l’université, ce sont les caractères latins qui sont employés, on peut vite conclure que ce que veut insinuer Makri, c’est que les kabyles sont tout simplement des proies faciles au colonialisme français, aux yeux de Makri.

Or, l’histoire de la guerre d’Algérie est unanime sur un point, sans les kabyles, la guerre n’aurait jamais été emportée contre la France. C’est de la Kabylie que des hommes sont partis pour faire les premières actions armées contre les militaires et les casernes français car il n’y avait pas de candidats pour ce faire dans les autres régions. Aujourd’hui que Makri se permet de vivre grâce à l’argent du contribuable dans une Algérie confisquée, il peut dire ce qu’il veut. Il y aura bien des imbéciles pour le croire. Le pouvoir algérien en a tellement produits depuis 1962.

Tahar Khellaf