Tuβirett, la belle et généreuse a communié avec le MAK

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TUVIRETT (Tamurt)J – e suis venu de Tizi-Ouzou pour marcher à Tuβiret, à l’occasion du 30ème anniversaire du Printemps Kabyle.Je n’étais pas seul. Dans Tuβiret, j’ai rencontré avec bonheur d’anciens camarades de lycée, de contingent, d’université et, bien entendu, des frères de combat de la cause identitaire.

Achour, Vussaad, Djaffer, Yahia, Farid, Sayd n At Yaâla Usammar, en ce premier jour, m’ont réservé un accueil digne de la tradition kabyle. Taqvaylit n’est pas seulement la langue, c’est des valeurs de société qui sont ancrées dans l’inconscient kabyle et dont la réminiscence, omniprésente, se distille sans réserve et chaque fois que possible envers tous.

Tuβiret, la belle, la généreuse, est une mamelle prospère de la Kabylie.

Après voir servi de grenier à blé pour Rome et les janissaires turcs, le pouvoir algérien arabo-islamiste raciste tend à la transformer en désert.

Grâce doit être rendue aux nobles citoyens de cette cité kabyle qui ont, contre vents et marées, maintenue Tuβiret dans un semblant de mouvement progressiste. Mais le danger la guette. Du Sud et de l’Ouest, des thuriféraires arabo-islamistes du régime l’assiègent pour la dépersonnaliser.

Pour le moment, Tuβiret résiste. Nous lui rendons grâce qu’elle permette encore en 2010 aux Kabyles qui la composent à 99% de se mouvoir et de s’exprimer dans la cité.

Cette cité antique de Kabylie doit pouvoir retrouver son histoire et ses repères. En ce Printemps kabyle, elle démontre qu’elle aspire à participer massivement et de façon résolue à l’Autonomie de la Kabylie. au-delà de l’adhésion populaire explicite, le rapprochement et l’adhésion se manifestent aussi par l’approche d’élus qui mesurent enfin l’inanité de leur action au sein d’assemblées créées, remplies d’opportunistes et dressées pour annihiler et diluer la catastrophe que vit au quotidien chaque citoyen, c’est-à-dire chacun d’entre nous.

Et il y a autre chose. Tuβiret qui a traversé l’impérialisme romain, turc, français est redevenue à sa vocation initiale de cité kabyle en se défroquant de l’arabo-islamisme régressif.

Elle est là, fière, kabyle et solidaire pour dire à Msila, Sidi Aïssa, Sour Aγezzfan, Médéa, Boumerdès que la solidarité doit de conjuguer avec le respect des différences et des aspirations populaires.

Tuβiret a sû le faire.

Tuβiret l’a réalisé.

Tuβiret, dans son antre, a sû enfanter des femmes et des hommes qui l’ont transcendée hier et aujourd’hui. Ceux qui sont encore là rêvent d’une Algérie solidaire et d’une Kabylie libre dans son action et dans son libre arbitre.

La “culture du henné” et des psalmodies dans les zaouïas ne font recette dans aucune contrée kabyle. C’est une vérité qui se souligne. Dans la marche organisée par le MAK en ce trentième anniversaire du Printemps kabyle, il y avait à Tuβiret une profusion de jeunesse des deux sexes qui aspire à vivre pleinement et dignement une existence que le régime arabo-islamiste raciste tend vainement à régimenter.

Bien sûr, la presse aux ordres du pouvoir va tout faire pour minimiser l’action du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie. Mais peut-on, hormis quelques exceptions qu’il faut saluer, parler aujourd’hui et objectivement de presse au sens noble du terme.

Au départ de Tuβiret vers Tizi-Ouzou, j’ai entendu cette réplique du taxieur avec qui j’ai sympathisé : “nous allons à Tizi-Ouzou en espérant que nous ne soyons pas interceptés par la douane”.

À chacun de faire son commentaire !

Azru Loukad
Secrétaire national à la Culture et au Patrimoine du MAK