Un énième complot cible la Kabylie

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KABYLIE (Tamurt) – La première : deux citoyens de la commune de Maâtkas répondant aux initiales A.S et K.R sont condamnés en date du 29 mars 2010 par le tribunal de Tizi-Ouzou à 06 mois de prison ferme et à payer une amende de 50.000 DA chacun pour une affaire remontant au 10 octobre 2002 laquelle a été bel et bien amnistiée par les accords signés en 2004 entre les 24 délégués du mouvement citoyen des aârchs et le chef du gouvernement d’alors qui n’est autre que l’actuel premier ministre, en l’occurrence Ahmed Ouyahia. La genèse de l’histoire est toute simple et claire comme l’eau de roche.

Le 10 octobre 2002, A.S et K.R ont participé comme beaucoup de leurs concitoyens à l’opération du délogement des « indus élus ». Le maire de Maâtkas, en l’occurrence M. Ramdane Beldjenna, qui était élu à cette époque était donc la personne ciblée par l’action des aârchs. Ayant refusé en manifestant une résistance de répondre à l’injonction des citoyens, à savoir quitter son bureau, une algarade s’en suivit. Aussi, M. Beldjenna, convaincu plus que jamais d’être dans son droit de continuer à exercer son mandat de maire, déposa plainte contre les deux jeunes gens auprès de la gendarmerie nationale de Tirmitine. Les hommes de loi instruisirent l’affaire en conformité avec leurs prérogatives républicaines et la transmirent à la justice. Celle-ci, sur ordre du politique, mit le dossier sous les boisseaux. Et à l’issue des accords signés entre les 24 représentants des aârchs et le chef du gouvernement, l’affaire devint nulle et non avenue puisque l’une des clauses des accords stipula « l’abandon de toute poursuite à l’égard de toutes les personnes poursuivies auparavant dans le cadre du mouvement citoyen ». D’ailleurs, le gouvernement lui-même a fini par dissoudre les assemblées élues (APC et APW) pour non représentation légitime. Il se trouve qu’aujourd’hui les clauses de ces accords viennent d’être violées par l’Etat. Naturellement, la bonne réponse sur ce reniement de l’Etat ne peut pas être donnée par Ahmed Ouyahia, connu par tous comme le boy-scout du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS). Evidemment, notre questionnement ne concerne pas la personnalité d’Ahmed Ouyahia où son degré de bassesse ferait rougir de honte et d’effroi un Mamelouk. Par contre la question doit se poser comme suit : Quelle est l’institution ou tout simplement quels sont les hommes en Algérie qui soient capables de fouler au sol ou même de pisser comme bon leur semble les lois de la république ou tout simplement de faire leurs dictées aux magistrats et autre personnel prétendant représenter les institutions de la république. Quel est donc le but recherché en faisant de la provocation à l’endroit de la Kabylie ?

La deuxième affaire où l’empreinte de dangereux manipulateurs est visible même pour un vieil cacochyme touché presque entièrement par la cécité concerne la guéguerre déclenchée entre les transporteurs de voyageurs de Betrouna, commune de Tizi-Ouzou et ceux Maâtkas. Ce conflit déclenché, il y a une semaine de cela, persiste encore. Les deux parties belligérantes en sont même venues aux mains. Le motif de cette conflit qui ne veut pas dire son nom est paraît des plus simples. En effet, les transporteurs de Betrouna reprochent à leurs confrères de Maâtkas de leur rafler leurs clients, c’est-à-dire les voyageurs de Betrouna. Les transporteurs de ces deux localités empruntent le chemin de wilaya (CW) 47. Sur leur autorisation de transport, il est précisé que les transporteurs de Maâtkas peuvent prendre à bord de leur véhicule tout voyageur se trouvant sur leur axe routier légal (CW47), donc même les voyageurs de Betrouna. Auparavant, les transporteurs de Betrouna n’ont pas trouvé la chose anormale. Le plus étrange, c’est que la direction des transports de la wilaya de Tizi-Ouzou qui a été saisie sur cette affaire par les deux parties en conflit n’a pas pu trancher. Cette institution a préféré garder le mutisme. Est-ce à déduire que les fonctionnaires de cet organisme préfectoral ne connaissent pas les lois ? Certainement pas. Les agents et responsables de la direction des transports de la wilaya connaissent parfaitement les lois et règlements régissant les transports. Pourquoi alors leur mutisme ? Pourquoi les transporteurs de Betrouna n’ont crié au loup dans la bergerie que depuis quelques temps, soit au moment où l’effervescence en Kabylie a atteint son paroxysme ?

La troisième affaire enfin a eu lieu au cours des journées des 1er, 2, 3 et 4 de ce mois et a eu pour théâtre l’axe routier se trouvant à proximité de l’ENIEM. Les citoyens des villages des communes d’Irdjène et Tizi-Rached ont bloqué la route pour dénoncer « l’inégalité devant l’emploi au sein de l’ENIEM dont ils sont victimes par rapport aux autres Kabyles ». Les manifestants ont versé dans le sectarisme. Si leur demande d’emploi au sein de l’ENIEM est tout-à-fait légitime, la manière de l’exprimer est en revanche sujette à caution. En effet, le recrutement à l’entreprise en question est un droit pour toute personne jouissant d’une compétence requise pour un poste donné. Ce qui se qui semble être « un coup fourré » est la coïncidence de ces événements.

Tandis que le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) tente de rassembler tout le peuple kabyle autour d’un même idéal et d’une même revendication, des forces occultes et dangereuses manifestent des motivations contraires. Dans les cercles intellectuels de Tizi-Ouzou, les langues font l’unanimité : « le pouvoir a très peur du MAK ». Certains observateurs osent même dire que la décision du RCD de marcher le 20 avril à Tizi-Ouzou obéit à deux objectifs. Le premier : tenter de récupérer des sympathies et le second : empêcher le MAK d’avoir à lui tout seul la Kabylie.