Un ex-rappelé de l’armée décède dans l’indifférence

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Tizi-Wezzu, Tamurt.info : D’autres souffrent de blessures sans jamais être pris en charge. « L’hôpital militaire de Aïn Nadja d’Alger est inaccessible pour nous. Il est réservé seulement aux gradés. Pourtant, c’est durant le service militaire que des milliers de jeunes ont été blessés, lors des attentats et des accrochages avec les groupes islamiques armés.

Certains d’entres sont devenus des invalides sans jamais bénéficier d’aucune prise en charge ni d’une pension », nous dira avec un air emprunt d’amertume, Saïd un ancien rappelé de la région de Draâ ben Khedda. Le décès jeudi dernier d’un ancien rappelé qui souffrait de graves blessures dans la région de Tigzirt est l’exemple le plus édifiant de la misère et la souffrance qu’endurent les anciens rappelés du service militaire.

En effet, Hamid Oulouna, âgé de 42 ans, de la commune de Tigzirt, 35 km au nord de Tizi-Ouzou qui souffrait de blessures contractées durant son service militaire, dans l’explosion d’une bombe, renseigne sur le drame que vit cette frange de la société. Le défunt à laissé derrière lui une veuve très jeune et deux petits enfants. Il a subit trois interventions chirurgicales durant son vivant et avec ses propres moyens. Triste sort pour des jeunes qui ont sacrifié leur vie pour l’Algérie. Bouteflika a pris en charge convenablement des terroristes repentis qui ont égorgé des Algériens et qui ont mis à feu et à sang tout un pays.

Depuis novembre 2011, les anciens rappelés du service militaire, entre la période de 1994 et 1998, ont mis en place une coordination nationale pour faire valoir leurs droits. Ils ont initié plusieurs actions de protestation. En vain. Les institutions militaires et civiles de l’Algérie, qu’ils ont sauvée d’ailleurs, leur ont tourné leur dos. Dans leur plate-forme, ils réclament une «pension à vie » en plus d’une indemnisation pour la période allant de 1995 à 2011. Ils exigent, également, « la reconnaissance des droits des victimes physiques et morales et la réintégration de ceux ayant perdu leurs postes de travail après leur rappel ».

Nadia Iflis