Un fils du colonel Mohand Oulhadj auteur d’un livre qui choque la famille révolutionaire

15

CULTURE (Tamurt) – Notons d’emblée que l’auteur de l’ouvrage est lui-même officier de l’ALN et membre du Conseil National de l’Organisation Nationale des Moudjahidine.

En tout cas, M. Ahmed Arrad, cadre de l’ex-Fédération FLN de France et actuellement Secrétaire National de l’Organisation Nationale des Moudjahidine (SNONM) est scandalisé par le « vibrant hommage » rendu par l’auteur du livre au nommé Ali Chekkal, ancien vice-président de l’Assemblée algérienne, exécuté par le FLN en plein stade de Colombes alors qu’il se trouvait assis aux côtés du président de la république française, René Coty.

La colère et la frustration de M. Ahmed Arrad sont telles qu’il a décidé de protester contre ce qu’il appelle « les errements de l’histoire » en commençant par la mise au point adressée à la presse, dont Tamurt, et les hauts responsables algériens.

Dans sa lettre, l’ex-cadre de la Fédération FLN de France, reprend d’abord le passage où il constate ce qu’il considère comme « une infamie »:« A la page I97 et à contre sens du fait historique l’auteur écrit:

Je rends un vibrant hommage à tous les compagnons vivants ou morts, à tous ceux qui ont lutté, qui se sont sacrifiés pour libérer ce pays qui nous est très cher. Je cite en exemple quelques figures avec lesquelles j’ai partagé des moments difficiles :

– Imazourene Larbi dit si Larbi (zone 3 région 4), originaire de Ladjenat de Timizart, douar Aït-Djenad
– Chekni Mohand-Saïd, fidaï (Aït-Bouaiadda),
– Belkacem Hanafi dit El Habachi, lieutenant de l’ALN,
– Oussaïd Hocine, sous-lieutenant de l’ALN,
– Ali Chekkal, exécuté à Paris,
– Bakouche Mohand-Ouamar, né le 29-01-1931,
– Abdat Saadi, fidaï du village Ifigha.

N.B : Que me pardonnent ceux que je n’ai pas mentionnés : ce n’est pas par oubli ni par négligence. » .

« En ma qualité de cadre de l’ex-fédération du FLN en France et actuellement Secrétaire National à l’Organisation nationale des Moudjahidine, écrit l M. Ahmed Arrad, je suis indigné et scandalisé par la lecture du passage relatif au traître Ali Chekkal ». « Et de ce fait – poursuit l’auteur de la mise au point – je me vois obligé, par devoir de mémoire envers nos combattants et, particulièrement, du regretté Colonel Mohand Oulhadj, d’apporter les éléments et arguments sur les errements, pour ne pas dire tout bonnement, les divagations historiques de l’auteur ».

Après avoir encore exprimé son « amertume inégalée que le traître Ali Chekkal soit porté aux cimes des valeureux fils d’Algérie par l’auteur (Si Mohand Saïd Oulhadj ndlr) », M. Arrad poursuit en guise de ce qu’il juge vrai :

« Pour rappel et pour l’histoire, il est aussi important qu’urgent de faire connaître à l’ensemble des Algériennes et Algériens qui est Ali Chekkal auquel l’auteur rend un vibrant hommage et présente comme son compagnon :
– Ali Chekkal est le vice-président de l’Assemblée algérienne de l’époque des années de braise.
– Ali Chekkal a fait partie de la délégation française qui s’est rendue à l’Organisation des Nations Unies pour défendre la position de la France contre le FLN.
– Ali Chekkal a été condamné à mort par le FLN et a été abattu en plein stade de Colombes pendant qu’il se trouvait aux côtés du président de la république française, René Coty par le fidaï Mohamed Bensaddok.
– Ali Chekkal a eu droit à des funérailles officielles organisées par le gouvernement français, qui lui a rendu hommage en tant que première victime de l’intégration ».

L’ex-cadre de la fédération de France poursuit, implacable, son réquisitoire contre l’auteur du livre « Si Mohand Saïd raconte Amghar ». En effet, il écrit encore : « De plus, dans l’ouvrage il est écrit que Ali Chekkal a été exécuté à Paris. L’auteur laisse paraître un amalgame de taille. En effet, un lecteur non averti comprendrait que Ali Chekkal a été exécuté par la France et, par conséquent, il le ferait passer pour un martyr de la révolution ». Enfin, M. Arrad note qu’il voudrait demander à l’auteur du livre en question « qui a osé rendre un vibrant hommage à ce célébrissime traître de la révolution de nous éclairer, et ce par souci de vérité historique, où il aurait été son compagnon ?».

« La fédération du FLN en France, aurait-elle donc exécuté un patriote ? », s’interroge l’ex-cadre de la Fédération FLN de France avant de conclure avec une note d’espoir : « Heureusement que des témoins de l’Histoire de notre glorieuse révolution dont Mohamed Bensaddok sont encore de ce monde et, à coup sûr, corrigeront les errements de certains écrivains un peu pressés».

COMMENTER

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrez votre nom ici