Un parti politique moderne caché derrière une organisation tribale

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Cette fois, un parti politique moderne a su cacher son action politique sous un ordre tribal.

Dans la tribu (ârch) d’Aït Jennad, un jeune homme a été enlevé le 4 novembre par un groupe armé de 4 individus. À la suite de quoi, une cellule de crise de la population des Aït Jennad , de tendance RCD, a appelé à une marche populaire au centre de la commune au nom de la tribu d’Aït Jennad, à laquelle bien sûr les comités de village (Tijmuyaa) de la même tribu ont participé et répondu naïvement, loin de tout calcul politique partisan, car un danger extérieur les menaçait.

Mais à l’occasion de la marche et du meeting, la cellule de crise finalement avait montrée sa couleur politique par l’intervention des élus de parti RCD, avec des discours politiciens de récupération de l’événement.

Cela signifie que ce parti politique moderne n’est ni à la hauteur de répondre aux besoins de la société, ni en mesure de la convaincre. Loin d’être à son service, il manipule la société par une stratégie de récupération et de contournement pour atteindre ses objectifs politiciens, à savoir la préparation des élections de 2012, avec l’intention de changer le système de l’intérieur !

Ce genre d’actions politiciennes ne peut pas mener cette Kabylie vers le progrès ou le changement. En effet, le parti agit à l’intérieur d’un cadre social ; d’une institution politique traditionnelle (tribu). Ce cadre social reste toujours à l’état non officiel. Le parti moderne de Saïd Sadi, qui a su transférer la réaction à ce cadre social, a montré qu’il était entièrement conscient de l’importance de ces structures. Ce qui me préoccupe, c’est pourquoi il ne le formule pas objectivement et raisonnablement , en disant que ces organisations politiques traditionnelles kabyles (tribus) peuvent, en s’unissant, former une confédération ou bien un pouvoir central acéphale qui ne peut pas persister parce qu’aucun pouvoir central kabyle ne les jamais incarné comme le dit Mammeri: « l’histoire berbère est une espèce de bouillonnement en vase clos » ; car au fond, le Kabyle n’a jamais connu de pouvoir fortement organisé pour imposer la loi et le règne de la justice.

Je crois qu’il est de notre devoir de confirmer que la démarche du président du gouvernement provisoire kabyle dépasse l’action d’un simple homme politique et qu’elle est au contraire une initiative d’un homme d’Etat qui souhaite vivre demain avec son peuple, par la constitution d’un projet d’avenir pour les générations futures; pour tout simplement sortir les Kabyles du stade des luttes contre la mort et former par l’officialisation de leurs institutions traditionnelles un véritable État régional fortement organisé.

Massinissa Saidani, Étudient en 4e année langue et culture amazighes