Un rituel ancestral aux pays de Tamazgha : Les femmes d’Ath Frah accomplissent le rituel d’Anzar

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KABYLIE (Tamurt) – Alors que dans les mosquées de plusieurs localités de Tizi-Ouzou, et d’autres régions d’Algérie, les croyants ont accompli la prière de la pluie du lever du soleil jusqu’à midi, le village d’Ait Frah à Larebâa n’Ath Yirathen, lui a préféré opter pour la perpétuation d’un rite spécifiquement Berbère. Il s’agit d’Anzar, Dieu de la pluie dans la mythologie Amazighe. Les femmes Kabyles, à ce jour, ne sont pas prêtes de négliger le legs culturel hérité de leurs aïeux. A Ath Frah, les femmes de ce village ont accompli cette tradition berbère, vieille comme le temps.

Vendredi dernier, une atmosphère festive régnait au village. Tout le monde s’est mobilisé pour ne pas rater ce rendez-vous culturel qui est d’une importance très significative pour les villageois.

Selon la mythologie berbère Anzar, est le Dieu de la pluie et de l’eau. Pour que la pluie tombe, il est dans l’obligation pour les villageois, selon la légende, de solliciter ce dieu, pour provoquer son action fécondante. Les berbères offraient une fiancée à ce dernier. Une poupée de bois ou une louche couverte de chiffons et de foulards, ou même de bijoux, représente donc la fiancée d’Anzar qui se transformera ensuite en arc en ciel. Cette dernière a été présentée avant hier par les femmes du village qui chantaient la fameuse chanson d’Anzar. Cette vieille tradition Kabyle se fait rare mais n’a pas encore disparu.

Certains villages kabyles, comme Ath Frah, la pratique jusqu’à nos à jours. Toutefois, les ennemis du savoir, et les forces de l’ignorance, les islamistes, sont contre ce genre de pratiques culturelles, pour des raisons qu’il n’est guère la peine d’expliquer.

Mokrane Benaï