Un tableau d’une valeur de 120 millions € retrouvé dans un grenier en France

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TOULOUSE (TAMURT NEWS) – « Oublié dans la sous-pente d’une maison de la région de Toulouse, probablement pendant plus de cent cinquante ans, le tableau est dans un état de conservation exceptionnel », explique un communiqué de presse du cabinet d’expertise publié le 7 avril, qui précise qu’il a été découvert par les propriétaires à l’occasion d’une fuite d’eau. Il a ensuite transité par l’étude d’un commissaire-priseur toulousain, Marc Labarbe, qui a fait appel au cabinet Turquin comme expert.

Le tableau représentant la décapitation d'Holopheme par Judith retrouvé dans un grenier de la région de Toulouse
Le tableau représentant la décapitation d’Holopheme par Judith retrouvé dans un grenier de la région de Toulouse

L’attribution du tableau est étayée « par une copie d’époque attribuée à Louis Finson », contemporain du Caravage, ajoute le cabinet. Celle-ci, propriété de la Banca Intesa San Paolo, est exposée à Naples au palais Zevallos. Et l’original du Caravage apparaissait en 1617 dans le testament de ce peintre flamand, avant de disparaître, souligne le communiqué.

 Cette huile sur toile est en tout cas une variante du chef-d’œuvre réalisé par Le Caravage sur le même thème, et conservé à la Galleria nazionale d’arte antica de Rome. On reconnaît en effet une composition très proche de cette scène de l’Ancien Testament figurant l’héroïne juive qui écarte la menace d’une invasion assyrienne en décapitant le général ennemi après l’avoir séduit et enivré, en présence de sa servante. Les différences les plus marquantes entre les deux sont le regard frontal que lance Judith aux spectateurs, sa tenue noire plutôt que blanche et le goitre de la servante. Le tableau romain date de 1599 environ, tandis que le tableau retrouvé en France aurait « probablement été exécuté à Rome en 1604 et 1605 », avance l’expert, c’est-à-dire avant l’exil du peintre.

Avec l’interdiction de quitter le territoire, les experts et scientifiques ont trente mois pour affiner les analyses. Si l’œuvre est effectivement attribuée au maître italien du chiaroscuro, il s’agira de « la toile la plus importante, et de loin, révélée ces vingt dernières années, d’un des génies de la peinture universelle », résume l’expert Eric Turquin.

Le tableau est estimé 120 millions d’euros. « Nous allons profiter de ce délai (…) pour nous rapprocher des musées nationaux et collaborer à la recherche d’une solution nationale », précise encore l’expert.

Tamurt