Une académie de tamazight sans Chaker, Nait Zerrad, Achab, Mezdad…

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Salem Chaker
Salem Chaker

KABYLIE (Tamurt) – Le pouvoir algérien est en train d’apporter les dernières retouches à l’académie algérienne de langue amazighe. Cette dernière sera officiellement installée avant le 31 décembre 2018. Tous les indices montrent que cette académie sera un Haut-commissariat à l’Amazighité-bis tant les compétences avérées dans le domaine amazighes en sont exclues d’avance et d’office.

Ainsi, des sources concordantes ont fait circuler, ces jours-ci, de nombreuses informations concernant cette académie. A commencer par l’exclusion de fait de tous les noms de ce qui fait la crème de la recherche et de la production linguistique et littéraire dans le domaine de la langue et culture amazighes. On imagine très mal une académie de langue amazighe sans que n’y siègent des sommités, des références et des précurseurs à l’instar de Salem Chaker, Kamel Nait Zerrad, Amar Mezdad, Ramdane Achab, Salem Zenia, etc. Ce sera pourtant le cas car le pouvoir algérien refuse catégoriquement de faire de cette nouvelle institution une véritable académie mais plutôt un satellite parmi tant d’autres qu’il utilisera à sa guise à chaque fois qu’il en aura besoin.

Par contre, comme il l’avait fait avec le HCA en 1995, le pouvoir algérien compte rééditer la même démarche. A savoir, créer une institution composée essentiellement de personnes qui n’ont rien à voir ni avec le combat identitaire ni avec la recherche dans le domaine amazigh. On croit savoir même que parmi la cinquantaine de membres de cette académie, il y en a certains qui avaient des positions clairement hostiles au combat identitaire amazigh mené durant les années soixante-dix et quatre-vingt particulièrement dans les wilaya de Bgayet, Bouira et Tizi Ouzou. Il ne faut, non plus, pas s’étonner de retrouver dans cette académie des personnes qui ne parlent aucune variante amazighe, c’est-à-dire des arabophones à 100 %. Pour rappel, le HCA avait aussi été confié, lors de sa création en 1995, à des personnes n’ayant rien à voir avec l’amazighité, voire à des ennemis de celle-ci.

Le HCA avait été dirigé pendant plusieurs années par un ancien DRAG (directeur de la réglementation et des affaires générales) chargé, entre autres, d’interdire les marches et les actions en faveur de l’amazighité en Kabylie. Ce responsable a été remplacé par un ancien fonctionnaire local de la direction de la Jeunesse et des Sports qui n’avait, à aucun moment de sa vie ni de son parcours professionnel montré un quelconque intérêt, aussi petit soit-il, ni au combat amazigh ni à la recherche encore moins à l’écriture en tamazight. La même logique prévaudra dans la composition et la constitution de la future académie, apprend-on de sources fiables.

Tarik Haddouche