Une délégation du MAK en territoire kabyle de Sétif pour soutenir un des siens, victime du harcèlement de la gendarmerie

14

KABYLIE (Tamurt) – En effet, le militant du MAK a été convoqué lundi 27 décembre par la gendarmerie de Bouandès pour lui faire reconnaître de force avoir « présidé une réunion secrète » du MAK. Identique dans la manière à la tristement célèbre GESTAPO au service du régime nazi, l’officier de gendarmerie, chargé de l’interrogatoire, a directement rempli son procès-verbal en posant des questions précises, mais tout à fait hors du contexte des faits reprochés à l’honnête chef de section du MAK de Boussalem.

Entre autres questions, nous relevons celles relatives à ses liens avec un autre militant du nom de Karim Mozaï, les personnalités ayant participé à cette réunion secrète, les noms et prénoms des parents. Cependant, conscient de son plein droit de rejeter les allégations outrageusement mensongères de l’officier de la gendarmerie, l’honnête chef de section du MAK de Boussalem a refusé catégoriquement de signer le procès-verbal.

Devant ce refus, l’officier de la gendarmerie algérienne ne désespère pas pour autant. Il tente d’avoir la victime à l’esbroufe. Celle-ci s’est traduite par les risques à encourir en refuser de signer le document contenant les allégations mensongères. Même avec cette méthode illégale et condamnable, Salim Djouadi refuse d’y apposer sa signature. Alors l’officier lui demande de lui remettre sa carte nationale d’identité (CNI). Le vaillant et militant du MAK la retire de sa poche et la lui tend en lui disant : « Vous pouvez la garder, car je m’en vais me faire établir la carte d’identité kabyle ». Sur ce, le gendarme la lui rend, mais en lui proférant des menaces à peine voilées.

Par ailleurs, l’officier de la gendarmerie algérienne a tenté de « faire comprendre » au militant Salim Djouadi qu’il a eu vent de cette « réunion secrète » en entrant dans le site internet du MAK, où est « publiée » l’information. Cependant, la mobilisation de la gendarmerie dans ce cadre précis a commencé suite à la publication d’une information faisant état d’une réunion secrète des militants indépendantistes de Sétif (allusion faite aux militants du MAK) dans le journal arabophone El-Khabar. Ce quotidien algérien a délibérément présenté les militants du MAK comme des indépendantistes. Motivé par on ne sait quel objectif, le journaliste a écrit : « … dans les localités kabyles de Sétif ».

Il est facile de comprendre que le rédacteur de l’article veut signifier que la wilaya de Sétif est constituée de seulement quelques localités. Il pousse aussi l’outrecuidance en accusant le MAK d’être non seulement un mouvement indépendantiste, mais aussi d’organiser des réunions secrètes en vue de peser sur les élections municipales. Le journaliste fait volontairement l’amalgame entre l’autonomie et l’indépendance. À quelle fin ? Le plumitif et mercenaire spécialisé dans l’intox écrit également que les services de renseignement de la wilaya de Sétif et les services d’investigations de la gendarmerie nationale lancent en commun des investigations pour identifier « les éléments des assemblées populaires du nord de Sétif, impliqués dans le mouvement indépendantiste ».

Quelle ineptie journalistique ! Enfin, nous préférons reproduire intégralement l’article en question pour que nos lecteurs puissent en tirer eux-mêmes leur conclusion : « Les sympathisants de Mehenni tiennent une réunion secrète à Boussellam : les services de sécurité surveillent de près des indépendantistes kabyles à Sétif.

Selon des sources politiques, bien informées, des membres de ce qui s’appelle « Mouvement de l’indépendance de la Kabylie » ont bel et bien tenu une réunion organique au niveau de la commune de Boussellam, sise dans l’extrême nord de la wilaya de Sétif, et ce, loin des regards des autorités locales. Plusieurs personnalités issues du mouvement des aârchs ainsi que certains
éléments désignés par Ferhat Mehenni dans les localités kabyles de la wilaya de Sétif étaient présents à cette réunion. Cette rencontre organique est intervenue juste après celle organisée à Béjaia un mois auparavant afin de mettre l’accent sur la nécessité de récupération de plusieurs assemblées kabyles au niveau de la wilaya de Sétif. Certains partis politiques ont pu mettre la main sur ces régions, notamment la commune de Boussellam dont l’assemblée est présidée par le MSP.

Selon les mêmes sources, des investigations communes entre les services de renseignement de la wilaya de Sétif et les services de recherches et d’investigations de la gendarmerie nationale ont été lancées pour l’identification de certains éléments des assemblées populaires du nord de Sétif, impliqués dans le mouvement indépendantiste. Des rapports réguliers sont transmis régulièrement dans ce sens à la tutelle. Il n’est pas à écarter que certaines figures indépendantistes dans la région s’impliqueront dans les élections communales prévues pour 20I2, premier pas pour l’infiltration dans la gestion des affaires des localités dont la population ayant tamazight comme usage. Les services de sécurité ont des données sur l’implication des indépendantistes dans des activités subversives.

À titre d’exemple, au niveau de la localité de Boussalem les indépendantistes ont été derrière la destruction de plusieurs infrastructures. D’autres sources concordantes nous indiquent que la réunion tenue à la ville de Lille (Nord de la France) en date du I0 octobre dernier a été l’occasion de réunir certaines personnalités, originaires de Sétif, dont la plupart résident dans les villes de Lyon, Lille et Marseille et qui ne sont pas recherchées par les services de sécurités algériens. Elles peuvent faire leurs rentrées en Algérie, contrairement au président du mouvement, Ferhat Mehenni. Le mouvement de Ferhat Mehenni est soutenu financièrement par des émigrés ayant des idées indépendantistes ».

Voilà le papier qu’un rédacteur en chef sérieux et consciencieux aurait jeté à la poubelle sur lequel la gendarmerie de Bouandès s’est basée pour faire subir des misères à un jeune homme qui a « le tort » de croire que la Kabylie riche, prospère et progressive ne peut se faire que dans le cadre de son autonomie. Fortement présente à ses côtés, la délégation du MAK, par le biais de Bouaziz Aït-Chebib lui a rappelé qu’en aucun cas « la grande famille militante et patriotique du MAK ne lui manquera de soutien et solidarité nécessaires ». « Tu continues tes activités militantes et en cas de besoin, nous te soutiendrons par tous les moyens dont nous disposons », a rassuré le secrétaire à l’organique du MAK M. Salim Djouadi.

Le chef de la délégation du MAK a également rappelé aux militants de Boussalem que le MAK est plus fort que jamais et que sa volonté d’atteindre son objectif est toujours intacte. Notons enfin que les habitants du Bousselam ont chaleureusement accueilli les membres de la délégation du MAK. En somme, l’article paru dans le journal El Khabar et le zèle de l’officier de gendarmerie de Bouandès n’ont pas eu plus d’effet qu’un coup d’épée dans l’eau.