Une journée pour les femmes et le reste pour qui ?

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Ma plume pleure à chaque fois qu’elle s’incline pour écrire « Femme ». Ces gouttelettes d’encre sont des larmes de tristesse de femmes. Triste pour nos mères, nos filles, nos sœurs et nos mef.

Votre naissance était un canular. Pour vos parents vous êtes un cauchemar. Même votre mère souhaitait un autre avatar pour lancer ses youyous dans le douar. Leur amour pour vous est bizarre et leurs sourires sont devenus agar. Vous êtes pour rien dans ce bazar mais, vous commettrez une faute si vous ne changez pas ce tablar.

On dit de vous que vous êtes sentimentales et que la raison n’est pas votre tâche. Mais en raison, nos hommes ne connaissent que la moustache, derrière laquelle, toutes leurs sottises se mâchent et se recrachent. Vous n’êtes pour eux que la ceinture qui empêche leurs pantalons de tomber et qu’ils ne deviennent lâches.

Des assemblées d’hommes légifèrent encore sur vous. Elles doivent s’habiller comme ci et marcher comme ça. Elles ne doivent pas exercer ce métier ou faire celui-là. Ils se demandent même si elle est égale à l’homme ou quelque fois si elle est humaine.

Je ne vous raconte pas ces dieux pour qui vous n’êtes qu’une greffe de l’homme. À cause de vous, sa vie n’est qu’un symptôme d’un étrange syndrome. Vous avez mangé la pomme du pêché, et vous l’avez envoyé sur une terre desséchée, et depuis, il ne fait que prêcher. Vous n’êtes pour lui qu’un diable. Il faut que vous cachiez sous les tentes et les niqabs. Il faut qu’il vous domine tant que vous êtes sans défense, sinon, cette fois-ci, à force de vous regarder, vous fréquenter, ou vous donner le droit de choisir, vous feriez encore le mauvais choix. Vous l’enverrez en enfer et en abîme. Il oublie qu’une femme, même si elle est sans défense, elle n’est pas sans attaque. En oubliant cela, Oh ! Homme ingrat, tu oublie vite qu’elle t’a porté neuf mois, allaité de son sein comme un chat et aimé sans émoi.

Femmes du monde ou Femmes de dieu. Musulmanes, chrétiennes ou juives, vivez votre vie pour vous. N’oubliez pas que les prophètes sont des hommes. Ne vous cachez pas dans des voiles par peur des hommes. Vous êtes belles et ils sont jaloux. Ils vous veulent que pour eux. Ils vous diront qu’ils vous aiment. Oui, ça peut arriver mais, Dites leurs d’abord, si c’est comme l’amour qu’on a pour ce petit poisson qu’on retire de sa mer et à sa mère pour le mettre dans un aquarium pour le voir danser. Ou ce jolie oiseau qu’on pique à sa famille et sa forêt et le mettre dans une cage pour l’écouter siffler. Dites leurs sinon, si ce voile n’est que pour leurs éviter l’enfer de dieu. Vous vous cachez pour eux. Pour leurs facilités l’accès à dieu. Ils se sont auto-autorisés des droits sur vous ici-bas et, Ils se sont auto-promis des vierges là-bas.

Ont-ils pensé à vous ces hommes ? De la violence ici à « takniwin » là-bas. Ils vont me dire qu’elles ont leur fête chaque huit mars. Comme le sida, et ces maladies diverses, Les animaux aussi ou les enfants encore sous tutelle. Ils vont me dire qu’elles sont libres de s’habiller comme elles le désirent. Mais la peur n’est jamais libre. Qu’elle vient de l’homme ou de dieu.

Le nid de la vie s’appelle femme. Sans vous, nous ne serons bons que pour la guerre et les flammes. Nous ne connaitrons jamais la paix de l’âme. Nous ne deviendrons jamais gentilles, mesdames. Nos yeux ne se brilleront que par des larmes.

Ayez la fierté d’être femmes. Notre seule différence est que nous n’aimons pas la même chose. Vous aimez les hommes et nous aimons les femmes.

Chafaa CHAFAI