Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou – Les étudiants dénoncent leurs « insoutenables » conditions de vie

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Sur initiative et appels du comité résidentiel de Boukhalfa et la cellule estudiantine de crise de Hasnaoua, les étudiants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou ont tenu, hier, dans la cour de l’université Hasnaoua 1, plus exactement devant la bibliothèque, un meeting pour dénoncer leurs « insoutenables » conditions de vie.

Devant une assistance nombreuse et attentionnée, les intervenants, l’un après l’autre et la voix très amplifiée par un mégaphone, ont mis sur le tapis tous les maux et toutes les lacunes qui font le quotidien de vie de l’étudiant tant au niveau de cité résidentielle qu’au niveau du campus. De même, les étudiants en colère n’ont pas manqué de souligner et mettre en avant des solutions idoines pour que l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou retrouve ses « belles références » d’autrefois. Les problèmes évoqués à l’issue de cette manifestation sont multiples et, surtout, trouvent leurs complexités dans leurs récurrences et l’absence d’indices fiables pouvant conduire à l’identification de la source du mal pour la « neutraliser » à jamais.

Parmi ces problèmes rendant la vie de l’étudiant semblable au Supplice des Danaïdes, les intervenants ont cité la grande insécurité régnant l’espace universitaire, notamment au niveau des cités résidentielles, l’absence de conditions minimales d’hygiène, les transports, la grande indigence du menu dans les restaurants universitaires et les récurrentes violations des franchises universitaires par des individus non identifiés mais à la moralité douteuse. Pris en aparté par nos soins, un des organisateurs de cette manifestation a signalé que ces éléments extra au milieu universitaires sont utilisés par des cercles puissants et occultes. A la question de savoir à quel niveau de l’espace universitaire ces individus extra à l’université Mouloud Mammeri se manifestent et se font remarquer, notre interlocuteur répond que c’est surtout au niveau des restaurants. Cet organisateur ajoute encore que ces individus ne payent pas leurs repas et bénéficient encore de certaines « largesses ». Quelle est donc la nature de ces « largesses ? ». Motus et bouche cousue. Cependant, aux résultats de notre enquête déclenchée depuis plusieurs décades déjà sur certaines pratiques prohibées par la loi et la morale et qui sont en « vogue » à l’université de Tizi-Ouzou, il est question de sexe, de boissons alcoolisées et même de stupéfiants.

Il ne serait pas erroné de parler à présent de l’existence d’une sorte d’Arlésienne à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou laquelle, par ses multiples tentacules, dirige tout et, au retour, gagne d’énormes riches dividendes. Et celles et ceux qui tentent de s’opposer à ses intérêts encourent le risque d’une agression physique. Cela est déjà arrivé.
Au-delà de la peur, naît le courage. C’est cette déficience extrême qui a poussé, hier, les manifestants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a crier haut et fort, encore une fois, leur ras le bol. L’extrême peur suscitée par les « barbouzes » chez les étudiants a fini par engendrer le courage. C’est ce sentiment « noble » qui a fait dire, hier, aux animateurs du meeting qu’il « est aussi urgent et nécessaire de créer et de restructurer les comités de cités ».

Sur les 38 comités de cités existants, seuls 2I d’entre eux sont actifs, avons-nous appris auprès de quelques uns de ces manifestants. Un intervenant criera au micro sur la tribune que la « résidence universitaire appartient aux résidents ». Le même intervenant rappellera qu’autrefois, l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a bien joué son rôle d’université puisqu’elle a organisé des conférences, fait des déclarations publiques, organisé des manifestations scientifiques et politiques. « Il est grand temps qu’elle retrouve ses références d’autrefois », conclut l’intervenant.

Said Tissegouine