Vague d’arrestations : la terreur s’installe en Algérie

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Lakhdar Bouregâa
Lakhdar Bouregâa

ALGERIE (TAMURT) – Un climat de terreur s’installe en Algérie après la multiplication des arrestations et des mises sous mandat de dépôt de nombreuses personnalités. On ne sait pas ce qui se cache derrière cette cabale menée contre toute voix discordante. Une chose est sûre, aucune solution à l’impasse actuelle ne se dessine encore.

Surtout quand on sait qu’à partir du 5 juillet prochain, l’Algérie entrera de plain-pied dans une phase anticonstitutionnelle avec la fin de la période de transition sous la présidence de Abdelkader Bensalah. Ce dernier, en sa qualité de président du Conseil de la Nation, avait jusqu’au 5 juillet 2019 pour organiser les élections présidentielles et se retirer de fait sans avoir la possibilité de se porter candidat. C’est ce que stipule clairement la constitution algérienne. Mais compte tenu de la poursuite des marches du vendredi tout au long de cette période ainsi qu’à cause du climat d’instabilité et de tension qui prévaut dans le pays, une présidentielle est devenue chose impossible pour l’instant.

Ahmed Gaid Salah que la majorité des observateurs présentent comme étant le véritable décideur, actuellement, a reconnu dans plus d’un discours la complexité de la crise. Il a même avoué la faillite de la classe politique algérienne qui peine à présenter des solutions de sortie de crise. Ce qui est aussi contraire à la constitution, c’est le fait que Gaid-Salah prononce des discours politiques et annonce des décisions d’ordre politique alors que la Constitution algérienne interdit à l’armée de s’impliquer dans la politique. Mais tout le monde sait qu’en Algérie, c’est toujours l’armée qui a dirigé le pays depuis 1962 en se cachant derrière des hommes politiques dociles qui font volontiers office de marionnettes.

Donc, que Gaid Salah parle directement de choses politiques ne devrait étonner que les plus naifs des observateurs de la scène politique algérienne. Mais au-delà de toutes les contradictions qui peuvent être relevées sur la scène politique algérienne, c’est cette vague d’arrestation tous azimuts qui reste énigmatique. Ainsi, après l’arrestation de dizaines de porteurs de drapeaux amazighs, hier, c’était au tour du maquisard de la guerre d’Indépendance Lakhdar Bouregâa d’être incarcéré après des déclarations faites contre l’armée algérienne. Des présidents de clubs sportifs sont aussi mis sous les verrous sans compter les cadres de différents ministères, etc.

Dans le cas de personnes ayant commis des délits comme la corruption, l’incarcération ne peut aucunement être contestée. Bien au contraire. Mais quand il s’agit de personnes ayant exprimé des idées politiques, la chose devient problématique. Où va l’Algérie ? Plus que jamais, cette question est d’actualité.

Tarik Haddouche

3 COMMENTAIRES

  1. « la terreur s’installe en Algérie » un peut fort comme titre non? Les algeriens sont tellement terrorisés qu’ils sortent tous les vendredis pour manifester et le tout dans la joie et bonne humeur, c’est pas la le comportement d’un peuple vivant dans la terreurs.

  2. Gaid Salah comme tout paranoïaque au pouvoir se voit des ennemis partout , même dans son propre camp. Par peur de la contagion de la révolte il sera amené à enfermer un nombre grandissant d’Algériens C’est le sort de tous régime militaires en début ou fin de course . Si ce Gaid eut été plus jeune on aurait pu dire le roi est mort vive le roi. L’âge du capitaine (général) signifie que ce système est à bout de souffle, mais l’agonie peut durer !!!!!

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