Vérité sur l’assassinat de Matoub : un dossier clos

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Matoub parmi les siens
Matoub parmi les siens

KABYLIE (TAMURT) – Il faut reconnaître que le pouvoir algérien a réussi, cette fois-ci, un véritable exploit en mettant au placard l’une des revendications les plus portées par les Kabyles à savoir : la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès. Désormais, quand on cite le nom de Matoub Lounès, certains ne parlent plus que de musée, de mûrs, de budget, de désherbage, etc. C’est ce à quoi est réduit le combat du Rebelle.

Comme nous l’avons souligné au lendemain du 25 janvier 2018, les premiers concernés ne parlent plus de la vérité sur l’assassinat de Matoub Lounès qui était pourtant le Cheval de bataille notamment de sa sœur et président de la Fondation qu’elle préside d’une main de fer. Le ton a sensiblement baissé concernant surtout l’aspect inhérent à l’enquête et à la vérité sur l’assassinat du Rebelle. Le pouvoir a bien réussi à faire taire la majorité de ceux qui sont censés faire de cette vérité une priorité comme c’était le cas depuis 1998. Mais depuis que le pouvoir algérien a compris que l’argent fait le « bonheur » de pas mal de kabyles enclins au reniement, il n’a pas hésité à mettre la main aux caisses du Trésor public et c’est le silence radio. Certes, il faut encore s’attendre à des déclarations laconiques et conjoncturelles aux alentours des deux dates symboliques du 24 janvier et 25 juin, sans plus.

Puis, les concernés retourneront vite aux choses sérieuses et aux affaires rentables financièrement. A savoir : le Musée qui cache beaucoup de choses bien sûr ainsi que tout ce qui ressemble à cette arnaque du siècle à l’égard d’un grand homme qui a sacrifié sa vie pour les siens et pour ses idées. La Kabylie et tous les Amazighs peuvent attendre cette vérité sur l’assassinat du Rebelle qui ne jaillira sans doute jamais. N’est-ce pas Matoub Lounès qui a beaucoup chanté sur la trahison des frères quand il s’agit des assassinats de Kabyles !

Tarik Haddouche

3 COMMENTAIRES

  1. Assassinat de Matoub: le donneur d’ordre est connu, la SM !

    Il n’est pas exigé de sortir de Sciences po. pour le déceler vite fait : la SM est le principal  » organe de répression  » du Pouvoir militaro-mafieux en place depuis 1962. C’est la SM qui décide de la mort de tel ou tel opposant ou contestataire, des massacres, des attentats, des infiltrations, manipulations et provocations, etc. Bref !

    Par l’assassinat de Matoub, la SM visait l’embrasement de la Kabylie pour créer l’occasion idéale afin de perpétrer des massacres de masse. C’est dans cette région rebellionnaire que la Régime militaro-mafieux veut terminer la  » guerre interne  » qu’il a commencé aux lieux des enjeux économiques (terre fertiles accaparées à coups de tueries, Bentalha, Rhais, Tiaret, etc.). La Kabylie est lieu des ‘enjeux politique, du fait de son effervescence permanente et de sa situation géographique, car proche de la Capitale, le lieu symbolique du Pouvoir régnant…

    L’IMPLICATION DES VALETS LOCAUX DU REGIME MILITARO-MAFIEUX :

    Dès l’annonce de l’assassinat du Rebelle, plusieurs  » dirigeants  » (dirigés par la SM) du RCD (créé par ladite Police secrète) s’étaient empressés de mettre le crime sur le dos des islamistes des GIA (créés par la SM, il faut le rappeler encore)….. Ait Hamouda, Khalida, H. Lounaouci, Ferhat, Sadi et leurs acolytes, tous liés à la SM, avaient été chargés par les criminels de la SM pour  » convaincre  » l’opinion kabyle, mais en vain. Dans cette région rebellionnaire, où des dizaines d’opposants ont été assassinés par ladite Gestapo des Généraux décideurs, on le sait : le responsable et coupable, c’est bel et bien la sinistre SM qui est une  » Organisation criminelle et mafieuse  » = Gestapo, formée sur le modèle  » gestapiste « , l’effusion du sang étant son  » marqueur principal « . La SM-DRS est le Pouvoir réel, le Sommet de la « Pyramide du pouvoir » , c’est l’Enclave autoritaire principale, la Main de fer des Généraux décideurs, leur Bras politique, la Colonne vertébrale et l’Epine dorsale du Régime mafio-militaire, son Syndicat du crime, son Fer de lance, son Cœur et son Cerveau, son Centre névralgique, son Mur de soutènement, sa Digue de protection, sa Force d’interposition……contre tout ce qui peut menacer les intérêts de la « caste militaro-mafio-bureaucratique » qui détient le Pouvoir dictatorial, total, intégral, absolu, le Pouvoir  » militaire et mafieux  » qui accapare et pille les richesses, réprime et embrigade la population, hypothèque l’avenir du pays tout entier. Ce Pouvoir dictatorial « militaire et mafieux » (nature double) qui est donc « l’Ennemi commun, l’Ennemi principal, l’Obstacle premier, le Mal originel, l’Origine du Mal ,le Démiurge…

  2. Contrairement à l’article je ne crois pas du tout que le régime ait gagné son « pari de faire oublier « la vèrité sur l’assassinat de Matoub.. ». Au contraire, la croissance et l’émancipation des Kabyles a fait un cran de plus dans sa prise de conscience. Si par le passé on s’attendait et demandait justice aux criminels, ce qui en soi est vraiment symptome d’une société sans grandes capacité de discernement politique, à présent plus personne ne s’attend du régime qui a tué une quelconque ethicité ni changement potentiel. Du coup on s’en fiche que le régime reconnaisse la langue Amazigh, qu’il fasse un quelconque jeste envers les familles de ses victimes. On est plus loin dans le raisonnement politique, on sait dèsormais que tout ce que fait le régime est de l’odre du contingent mais rien d’organique. Autrefois tous croyaient que l’Etat aurait une stratégie posée sur une éthique et des echeanciers, rien de tout cela. Il y a un groupe de voyoux assassins qui veulent rester au pouvoir meme après leurs morts physique. Du coup cela sonne ridicule que de s’attendre de ce grand vide que nous avions rempli d’attentes. Un peuple s’attend justement que les valeurs morales qui le distinguent soient pratiquées par la politique. Mais il a falu des dècennies pour comprendre que le régime d’Oujda, meme les kabyles qu’il a embauché, n’a rien de nos valeurs, un corps étranger au pays réel.
    Voilà pourquoi le régime a déjà perdu définitivement la Kabylie, qui perd la Kabylie perd le pays, car il n y a aucun laboratoire politique en Algérie en dehors de Thizi.

  3. Mme Boukhettouch croyant assurer, sans doute, la postérité du nom « Matoub » à travers le musée du reniement ne fait, en fait, que l’enterrer définitivement une seconde fois. En dehors des opportunistes de tous genres, directement intéressés par cette affaire commerciale, quel est le kabyle sensé qui accordera une once d’intérêt à un musé, financé et construit, par ceux là même qui ont ordonné de faire taire Matoub. En vérité ce musée est une horrible récupération du combat de Matoub pour le dépouiller de sa symbolique de résistance. C’est une façon de «  démonétiser », la personne de Matoub dans l’imaginaire collectif kabyle, comme l’a rapporté M Sadi à propos de Da lmulud.

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