Vers la création d’un poste de Vice-président en Algérie

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A. Bouteflika et son frère Said
A. Bouteflika et son frère Said

ALGERIE (TAMURT) – Abdelaziz Bouteflika restera au-delà d’avril 2019, avec ou sans scrutin. Mais la nouveauté résiderait dans le fait qu’un poste de Vice-président de la république sera créé en Algérie et il serait également fort possible que la prochaine Constitution stipulerait qu’en cas de décès du président, c’est son adjoint qui prendra le relais jusqu’à la fin de son mandat.

C’est le scénario qui serait en train d’être concocté dans les laboratoires du clan présidentiel sous la houlette de Said Bouteflika, frère et conseiller très puissant du président de la république algérienne. Ce scénario est pour l’instant le plus plausible car il est inconcevable de parler d’une élection présidentielle ordinaire à la mi-avril prochain alors qu’actuellement aucun indice ne présage, d’aucune manière, de la tenue d’un tel événement. L’une de ces deux options pourrait en effet se concrétiser. Ou bien, il y aura bel et bien la tenue des élections présidentielles qui ne seront en fin de compte qu’une formalité pour la reconduction de Bouteflika après la fin de son quatrième mandat et c’est ce qui expliquerait ce silence total à la veille de ce rendez-vous électoral. Ou encore, à la veille de la tenue de ce vote, le pouvoir annoncera la révision de la Constitution avec le scénario cité plus haut.

En tout état de cause, les dernières réunions des quatre chefs de partis politiques faisant partie de la coalition présidentielle à savoir le FLN, RND, Taj et MPA, vont dans ce sens même si, il faudrait le souligner, il ne s’agit que d’une formalité là aussi, car les décisions importantes sont bien sûr prises ailleurs. Mais ces quatre chefs de partis (Bouchareb, Ouyahia, Ghoul et Benyounès) ont pour mission de servir de couverture politique et conférer une sorte de légitimité à tout ce qui se trame dans l’ombre et dans le laboratoire du clan présidentiel qui a tout l’air de maitriser la situation et de mener le bal en l’absence de toute opposition crédible ou de toute voix discordante.

Bien entendu, avec de telles probabilités quant au devenir politique de l’Algérie, il ne sert à rien de préciser que la démocratie n’a absolument aucun droit de cité.

Tarik Haddouche