Vers la radicalisation du soulèvement en Algérie

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manifestation a Alger
manifestation a Alger

ALGERIE (TAMURT) – Devant la persistance du pouvoir de Abdelaziz Bouteflika à ne pas céder facilement et entretenir le suspense jusqu’au 28 avril prochain qui représente la fin officielle du quatrième mandat, des informations circulent de plus en plus en Algérie sur le passage imminent à d’autres actions plus musclées dans les prochains jours.

On évoque d’abord une grève générale qui ne concernera toutefois que le secteur public et épargnera notamment les commerçants et les transports publics et ceux des marchandises. De nombreuses autres propositions circulent dans différents milieux concernant les moyens pacifiques qui pourraient venir appuyer les marches populaires du vendredi et les marches des corporations organisées durant les autres six jours de la semaine. Parmi les actions de protestation soumises à débat, ces derniers jours, on évoque l’éventualité d’avoir recours au blocage des accès menant vers les différents aéroports. Il s’agit bien entendu juste d’une manière de tenter de faire plier le clan présidentiel, lequel ne cesse de miser sur un éventuel essoufflement du mouvement. La rue parle aussi du boycott du paiement des factures de l’électricité, du gaz, de l’eau ainsi que de la vignette automobile. Autant de manières de mener une lutte pacifique qui peuvent constituer des perspectives dans la poursuite du mouvement de révolte populaire contre le prolongement du mandat présidentiel décidé loin de toute disposition constitutionnelle.

Pour sa part, le clan présidentiel, bien qu’acculé, il campe à faire mine d’opposer la sourde oreille aux revendications du peuple. Pis encore, des sources très crédibles font état de la convocation de tous les ministres du gouvernement Ouyahia par l’actuel Premier ministre Nourredine Bedoui ce samedi. Nourredine Bedoui a demandé à l’ensemble des ministres de reprendre leurs fonctions de manière ordinaire jusqu’à la constitution de la prochaine équipe. Si cette information se confirme, il s’agira bel et bien d’un bras de force qui sera mené par le clan présidentiel à l’endroit de tous les citoyens, de tous les partis et de toutes les organisations de la société civile qui exigent le départ de l’équipe de Bouteflika depuis le 22 février passé.

Pour leur part, des chefs de partis islamistes alliés à d’ancienne personnalités du régime reconvertis en opposants comme Ali Benflis, Benbaibèche (qui était à un certain moment secrétaire général du Rassemblement nationale démocratique) ou encore Mohamed Said (qui a un pied dans le pouvoir, un autre dans l’opposition) tout en étant un islamiste, se son réunis ce samedi en se présentant comme « la force de l’opposition » en Algérie. A l’issue de cette réunion, un appel a été lancé de manière franche à l’Armée algérienne pour qu’elle intervienne afin de superviser une période de transition de six mois, en attendant d’organiser de nouvelles élections présidentielles.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Le vrai problème n’est pas bouteflika et sa clique, mais la nature du pouvoir. La démocratie c’est un sens de limites intériorisées, dans la culture de la force couplée de celle militaire l’éthique ne s’impose pas. C’est donc le fruit amère du congrès du caire qui est en train de fleurir. La subordination du civil au militaire a produit le coup d’Etat en 62 et les généraux actuels riches puissants qui peuvent tuer qui ils veulent quand ils le veulent. On ne peut donc appliquer les parametres démocratiques à des situations féodales. Le régime feint la révolutionette en nous vendant cette idée qu’il peut avoir une révolution arabe populaire sans projet politique, en plus en pataugeant dans la meme marée arabislamique. Il est évident qu’on veut couvrir le passé et les centaines de milliards$ dissimulés quelque part en passant par cette guerre entre place publque arabe islamique contre le pouvoir autant arabislamique.

    On feint meme de faire participer la Kabylie à cet élan arabislamique « unitaire » avec les memes slogans et pancartes Arabes valables dans la meme région qui quelques semaines auparavant boycottait l’a langue arabe.

    Le problème donc serait politique et pas civilisationnel et culturel semble signifier ce message politique et symbolique, une manoeuvre psychologique pilotée pour passer de l’ancienne caste de généraux à la nouvelle vague de généraux. Awthith f’aman akken adh’yetsou th’imzin

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