Vers l’union de l’opposition kabyle

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ANAVAḌ AQVAYLI UΣḌIL
GOUVERNEMENT PROVISOIRE KABYLE
PROVISIONAL GOVERNMENT OF KABYLIA

Présidence

Vers l’union de l’opposition kabyle

L’opposition kabyle au régime algérien est dispersée. C’est de notoriété publique, les deux anciens partis, FFS et RCD, s’opposent entre eux plus qu’ils ne s’opposent au pouvoir algérien censé représenter leur adversaire commun.

Même l’arrivée sur la scène politique, depuis 2001, du Mouvement Autonomiste Kabyle qui les déstabilise et leur taille des croupières, n’a pas réussi à les rapprocher au-delà des déclarations isolées, pourtant exprimant la même hostilité au MAK puis au Gouvernement Provisoire Kabyle qu’il a mis sur pied.

C’est durant la période du Printemps Noir (2001-2003) qu’ils ont tous les deux perdu pied devant l’ampleur du Mouvement des Archs, devenu subitement hégémonique en Kabylie. Ils ne s’en remettront pas.

Aujourd’hui, le constat est simple. Le RCD est réduit à l’impuissance que mettent en relief ses toutes dernières actions. Les marches initiées depuis le 22 janvier, avec ou sans la Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie (CNCD), si louable que puisse en être l’intention, n’auront réussi qu’à le rendre plus faible et plus isolé qu’il ne l’a jamais été.

Le FFS qui tourne un peu plus le dos à la Kabylie où de nombreuses purges de ses cadres l’ont dévitalisé, se cherche des alliances socialistes internationales faute d’en contracter au plan interne. Le meeting qu’il vient de réussir dans une salle de spectacle à Alger (L’Atlas) avec près de 3000 personnes, le 5 mars 2011, pourrait faire illusion. En acceptant de rentrer dans les rangs, en se soumettant aux règles édictées par le pouvoir qui interdit les marches dans la capitale, le FFS tente, à bon compte, de se donner l’image d’un parti plus mûr et plus raisonnable, à l’opposé du RCD qui donnerait dans l’agitation stérile.

Ainsi, après avoir épuisé le RCD jusqu’à ses dernières munitions, le régime va tenter le retour du balancier vers le FFS. Le temps d’une autre illusion qui sera nécessairement plus courte encore que celle vécue avec le RCD.

La seule force imposante de la Kabylie est aujourd’hui le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK). Ses actions sur le terrain, même étouffées médiatiquement, progressent et rassurent continuellement. Sa diabolisation par des médias aux ordres, les interventions internes pour sa déstabilisation et les « points de vue » de « militants » servis pour le délégitimer ne parviendront pas à le contenir. Il réussira car il s’inscrit dans la longue histoire militante de la scène politique kabyle en réajustant, à chaque fois que de besoin, son angle de tir.

En Algérie, l’isolement des deux partis officiels kabyles est dû non pas à leurs programmes respectifs ou à leurs idées mais à leur ancrage kabyle. Ils sont vécus par la majorité des Algériens comme étant des « partis kabyles » et sont de ce fait relégués dans un ghetto. Le spectre d’un pouvoir hégémonique kabyle sur l’Algérie est ce qui est redouté au plus haut point et depuis toujours par les Algériens.

C’est la raison pour laquelle, vouloir à tout prix soit, entrer dans le calendrier révolutionnaire actuel comme le veut le RCD, ou éviter la contagion de « l’épidémie démocratique » arabe comme ironise le FFS, sont en réalité une même impasse.

A l’évidence, l’agenda révolutionnaire de la Kabylie ne correspond pas à celui de l’Algérie ni à celui des pays arabes. Ce particularisme calendaire kabyle n’est qu’un élément parmi d’autres liés à toutes les singularités définissant l’identité kabyle. Si, par bonheur, correspondance se faisait jour, ce serait alors un heureux accident de l’histoire plus qu’une preuve d’une quelconque parenté culturelle, tant chaque peuple a son propre destin, ses propres cycles. Le peuple kabyle a les siens que vérifient tant de dates qui jalonnent son histoire depuis toujours.

La Kabylie a besoin d’agir en rangs serrés et non en ordre dispersé.
Devant l’impérieux devoir de réussir notre mission qui consiste à rester fidèles à la Kabylie, l’Algérie, l’Afrique du Nord et le bassin méditerranéen, les acteurs kabyles, organisations et individualités se doivent de se tendre la main.

Le 10e anniversaire du Printemps Noir est pour le 20 avril 2011.
Soyons au rendez-vous avec l’Histoire. L’G.P.K. fera tout ce qui est en son pouvoir pour le rapprochement et l’entente des Kabyles.

Ferhat Mehenni

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