Violences à Alger : l’Algérie dans une impasse

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Alger, manif anti systeme, cène de violence , ,vendredi 12 avril 2019
Alger, manif anti systeme, cène de violence , ,vendredi 12 avril 2019

ALGERIE (TAMURT) – Le bras de fer qui oppose tout le peuple algérien aux résidus de régime du président déchu Abdelaziz Bouteflika, incarné par le trio Bensalah, Balaiz et Bedoui, risque de se corser davantage. Surtout quand on sait que les magistrats algériens ont rendu public vendredi soir un communiqué où ils annoncent qu’ils refusent de superviser les élections présidentielles, prévues le 4 juillet prochain.

L’Algérie est donc dans une véritable impasse surtout que le pouvoir a fait machine arrière et renoncé à réprimer la marche d’Alger en ce vendredi 12 avril compte tenu du nombre de manifestants présents à Alger mais aussi de la détermination visible de ces derniers de ne pas se laisser faire. Les éléments des brigades antiémeutes, déployés en nombre important sur les lieux de rassemblement des manifestants, ont été sommés de quitter les lieux par les manifestants. Fort heureusement, les éléments antiémeutes ont quitté les lieux sans faire usage de la force, ce qui a évité le pire bien entendu. On se demande d’ailleurs quelle est la finalité d’avoir déployé autant de policiers sur les lieux de rassemblement des manifestants à Alger si ce n’est de s’adonner à une provocation inutile et mal venue. D’ailleurs, en fin de journée, des affrontements violents ont éclaté dans la capitale Alger plus particulièrement au niveau de la Place « Audin » au centre d’Alger, au boulevard « Didouche Mourad » (ex-rue Michelet) et au Boulevard « Telemly ». Afin de faire face aux assauts des jeunes manifestants, dont une bonne partie étaient encagoulée, les forces antiémeutes ont « tiré », pendant des heures, des bombes lacrymogènes.

En attendant d’obtenir le bilan des blessés de ces heurts, on déplore des dégâts matériels dont un véhicule de la police incendié par les manifestants. Du côté des policiers, vingt-sept ont été blessés dont quatre sont dans un état jugé grave. Au total 108 manifestants ont été arrêtés à l’issue des ces affrontements. En plus d’Alger, des centaines de milliers voire des millions d’Algériens ont pris part à des marches ayant eu lieu dans la majorité des villes algériennes dont : Tizi Ouzou, Bgayet et Bouira. A l’unanimité, le peuple a rejeté la désignation de Abdelkader Bensalah, l’un des valets de Abdelaziz Bouteflika, comme président en attendant la tenue des élections présidentielles le 4 juillet. Mais dans un tel contexte, il est évident qu’il est impossible d’organiser des élections en Algérie. D’ailleurs, cette hypothèse est confortée par l’appel qui vient d’être lancé par l’organisation des magistrats algériens consistant en leur refus de superviser la prochaine présidentielle. Le dernier mot reviendra à l’état major de l’Armée algérienne dont le porte-parole est toujours le général des corps d’armée, Ahmed Gaid-Salah. Tous les regards sont braqués sur ce dernier pour savoir s’il va réagir rapidement après ce huitième vendredi de la colère. La rue ayant rejeté l’application stricte de l’article 102 de la Constitution, l’Armée algérienne n’aura pas d’autres choix que de mettre le pied à l’étrier de la politique de plein-pied.

Au cas où les élections présidentielles sont annulées une deuxième fois, l’Algérie entrera dans une phase de vide constitutionnel et institutionnel identique, à tous points de vue, à celui de 1991 ayant fait suite à l’annulation des élections législatives qui avaient remportées par le parti intégriste dissous, le Front islamique du Salut. Et cette fois-ci, c’est la gestion de Abdelaziz Bouteflika et de sa bande qui a mené le pays vers ce précipice.

Tarik Haddouche