En visite à Tizi Ouzou : Djamel Kaouane menace les journalistes

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Ce sont des menaces à peine voilées qu’a formulées Djamel Kaouane, ministre de la Communication, en visite dans la ville de Tizi-Ouzou ce samedi. C’est le moins qu’on puisse dire, autrement que signifie sa phrase : « les organes de presse gagneraient à s’adapter à l’environnement économique national actuel afin de se maintenir ».

Quand on sait que tous les journaux algériens ne survivent que grâce à la publicité étatique distribuée par l’Anep, on comprend vite le sens du message que veut transmettre Djamel Kaouane : Les journaux qui ne feraient pas preuve de docilité et d’allégeance à l’égard du pouvoir connaîtront le même sort que ceux ayant disparu des étals mais emboîteront également le pas à tous les journaux électroniques dont l’accès  sur Internet a été bloqué sciemment.

Voulant faire avaler une véritable couleuvre, Djamel Kaouane a affirmé : « un organe de presse est un projet éditorial mais aussi un projet économique ». Oui, c’est valable ailleurs mais rien n’est plus faux en Algérie où aucun média ne vit grâce à ses performances journalistiques. Cette réalité, tout le monde la connait, à commencer par Djamel Kaouane. Ce dernier persiste pourtant dans son populisme : « Un média n’est certes pas un produit purement commercial, mais il doit réaliser des chiffres et trouver des solutions alternatives».

En évoquant « le sursaut de lucidité » dont devraient faire preuve les journalistes, il s’agit en fait de fermer les yeux et de ne dire et écrire que ce qui ne va pas fâcher les lieutenants et les serviteurs du pouvoir. Et prenant les gens pour de véritables tarés, Djamel Kaouane renchérit et ose dire : « Avec la démocratisation du pays et l’extension et l’accessibilité d’internet à haut débit, l’avenir est aux médias électroniques. Les éditeurs et journalistes des principaux titres sont très conscients de cette réalité ». Il dit cela au moment où le pouvoir algérien a poussé l’outrecuidance et la dictature jusqu’à censurer des dizaines de médias électroniques qui ne peuvent désormais plus être consultés à partir de l’Algérie.

Tahar Khellaf

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