Visite de travail et d’inspection du ministre de la santé à Tizi-Ouzou : Abdelkader Boudiaf prône des centres de santé à travers la wilaya pour désengorger Tizi-Ouzou-ville

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le ministre de la santé et de la population, M. Abdelkader Boudiaf, a effectué, hier, une visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Tizi-Ouzou où il a pris le pouls du secteur relevant de sa tutelle, et ce tant en matière d’équipements qu’en matière de la ressource humaine.

Le ministre a été accueilli à Tadmaït par un comité d’accueil composé de plusieurs personnalités, à leur tête, le wali. C’est à partir de ce point d’accueil qu’Abdelkader Boudiaf entama son périple qui le conduisit d’abord à Draâ Ben Khedda où il visita l’établissement hospitalier spécialisé (EPS) en cardiologie pédiatrique de 80 lits et le centre anti-cancer de 140 lits encore en chantier.

Et naturellement, le ministre de la santé a été déçu par le constat que lui-même établit. En effet, au niveau de l’EPS, le déficit a porté sur les équipements. En dépit de la finalisation complète des travaux et une autorisation programme (AP) d’un montant de 1.500.000.000, 00 DA disponible pour les équipements, ceux-ci n’ont pas encore vu le jour. Les arguments avancés par les responsables régionaux du secteur pour justifier ce retard dans les équipements nécessaires à l’EHS ont été rejetés d’un bloc par le ministre. « Je vous donne un délai de trois mois pour assurer les équipements nécessaires », a assuré Abdelkader Boudiaf en guise d’ultime observation vis-à-vis de ses interlocuteurs avant de leur préciser que dans trois mois, il sera de retour pour vérifier si ses recommandations ont été respectées.

De là, le cortège ministériel prit la direction d’un centre anti cancer, encore en chantier. Le taux des travaux qui n’atteint pas 25 % a encore contrarié le ministre. Ce projet de réalisation dont l’AP, après révision, est d’un montant de 4.201.869.000, 00 DA est confié à ABRANTINA CONSTRUTURA, une entreprise portugaise. Devant la faiblesse dans l’avancement des travaux, le ministre a saisi les responsables de l’entreprise pour leur dire qu’il est impératif d’achever les travaux au courant de l’année en cours. Les responsables d’ABRANTINA CONSTRUTURA, plus réalistes sans doute ont répondu sans ambages que le projet, vu sa grande consistance, ne peut être achevé avant l’année 2015.

C’est sur ce que le ministre et la délégation l’accompagnant ont pris la direction de Oued-Falli où il a été procédé à l’inauguration du centre de traitement des déchets hospitaliers. Et non seulement, Abdelkader Boudiaf a exécuté le geste inaugural du centre, mais il a aussi visité les installations du centre de traitement. A signaler qu’une odeur nauséabonde règne fortement au niveau de ce centre de traitement de déchets hospitaliers et ses alentours. Selon certaines compétences en la matière, ce miasme est dû au non respect des normes de construction du centre en question. Toutefois, le ministre ne posa aucune question aux responsables du centre de traitement des déchets sur l’origine du miasme excessif.

C’est donc, le plus normalement que le cortège prit la direction de Tigzirt où Abdelkader Boudiaf inaugura l’établissement public hospitalier (EPH) lequel s’inscrit dans le cadre d’une extension. Par la même occasion, le ministre a procédé à l’inspection de ce EPH où il constata de grandes anomalies.

En effet, le service maternité qui se trouve au 4ème étage de l’immeuble n’est pas encore ouvert à cause de l’absence d’un ascenseur. Une parturiente n’a pas la force physique nécessaire pour grimper les marches jusqu’au 4ème étage.

Par ailleurs, l’EPH de Tigzirt, opérationnel depuis juillet de l’année dernière, souffre d’une multitude de maux les coupures d’eau fréquentes, le déficit de la ressource humaine et d’équipements. Le service de chirurgie n’est pas encore opérationnel à cause de l’absence d’équipements adéquats. Naturellement, les responsables de ce EPH n’ont pas manqué de positiver la situation à l’endroit du ministre.

Quant aux citoyens, l’impressionnant dispositif sécuritaire les tint à l’écart. Donc, ils n’ont pas pu approcher le ministre pour l’informer des différents problèmes qu’ils rencontrent en matière de leur prise en charge médicale.

Cependant, Abdelkader Boudiaf découvrira le mal que ressent le citoyen de la wilaya de Tizi-Ouzou en matière de prise en charge médicale une fois arrivé au CHU Nedir Mohamed De Tizi-Ouzou.

En effet, dès son arrivée sur ces lieux, il sera accueilli par une foule de gens avec deux pancartes au-dessus de leurs têtes. Dans l’une, il y écrit : « La santé est malade ! » et dans l’autre : « Le patient est en danger ! ». Le ministre n’a pas fui ses responsabilités. Bien au contraire, il s’approcha des manifestants avec lesquels il a eu des échanges. Toutefois, pour éviter un débordement, son protocole le conduisit aux services des urgences. La triste réalité du CHU de Tizi-Ouzou parla d’elle-même. En effet, le ministre trouva le couloir plein à craquer de patients allongés sur leurs lits. Les salles étant toutes pleines, il restait alors que l’espace du couloir pur u garder les patients.

Au moment où la délégation ministérielle arriva au CHU de Tizi-Ouzou, il était l’heure de visite des patients par leurs proches. Ceux-ci, pour des raisons de commodités ont été obligés d’attendre dehors, c’est-à-dire dans la rue. Le portail d’accès maintenu fermé. Cette situation a failli causer bien des désagréments. Les citoyens, fatigués déjà par une longue attente, se sentis frustrés de ne pouvoir entrer à l’intérieur de la cour lors de la visite du ministre qui a coïncidé avec le moment de la visite à leurs proches malades. C’est pourquoi, certains ont commencé à huer les responsables de cette situation considérée comme « inique ». C’est pourquoi aussi, le cordon de sécurité s’est renforcé de plusieurs policiers. Le renforcement sécuritaire autour du ministre a été tel que même certains journalistes ont piqué une colère car ils n’ont pu approcher le ministre et son entourage pour dénicher d’éventuelles déclarations.
Pire encore, la colère des journalistes a augmenté de plusieurs crans quand le point de presse du ministre annoncé initialement à l’auditorium du CHU n’a été tenu finalement que dans un coin très exigüe dans le couloir de la salle des urgences. Et là encore, un monde extra au monde de la presse se pressa autour de la personne d’Abdelkader Boudiaf que beaucoup de journalistes n’ont pu assister à ce « point de presse » en question. Et il semble bien que ce sont les responsables régionaux de la santé qui ont veillé à escamoter ce point de presse car, à l’évidence, beaucoup de questions turlupinent les journalistes lesquelles auraient suscité le courroux du ministre.

Il n’en demeure pas moins cependant qu’à travers ce qui a été voulu et reconnu comme « un point de presse » , Abdelkader Boudiaf a annoncé la création de 13.000 centres de santé à l’échelle nationale d’ici la fin de l’année 2015. La moitié sera réalisée au courant de l’année en cours et l’autre moitié au courant de l’année prochaine. Selon le ministre, la mise sur pied des centres de santé, notamment dans les zones rurales, permettra le désengorgement des centres urbains qui souffrent de la forte concentration citoyenne. Au volet de la ressource humaine, le ministre a annoncé également la formation de 9.000 agents para-médicaux lesquels seront dispatchés à travers les 48 wilayas du pays. Plusieurs questions brûlent les lèvres des journalistes mais par la faute, rappelons-le, de ceux qui ont intérêt à cacher la vérité, n’ont pu les poser au ministre.

Addenda: A Tigzirt, le ministre et la délégation l’accompagnant ont déjeuné à la cantine de l’école primaire du juillet. Aussi, pour cette raison, les enfants fréquentant cette école, au grand dam de leurs parents, ont été privés de repas. Il est vrai que le ministre et sa délégation ont droit à un repas. Toutefois, cela ne doit pas être au détriment des enfants. Il est à se demander pourquoi les responsables concernés ont « ignoré » le célèbre hôtel de la région, « Le Mizrana » pour jeter leur dévolu sur une cantine scolaire. Le mal réside surtout dans le fait d’avoir privé des enfants innocents d’un repas. En hiver, il n’est pas du tout aisé d’avoir le ventre vide lorsqu’on est un enfant.