VISITE DES INVALIDES : Boutefika n’a pas reconnu Gaid Salah

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VISITE DES INVALIDES : Boutefika n’a pas reconnu Gaid Salah

Par Ali Graïchi

Les téléspectateurs algériens se doutaient bien que le retard de 24 heures qui a précédé la diffusion des images tournées aux « Invalides » n’était pas un gage de transparence. Algérie-Express a pu reconstituer la façon dont a été managée l’équipée du premier ministre et du chef de l’état-major de l’ANP à Paris.

Une semaine avant le départ des deux responsables, un neuropsychiatre – qui se trouve toujours à Paris – a été dépêché d’Alger auprès du chef de l’Etat pour stimuler sa mémoire en l’aidant, notamment, à essayer d’identifier les membres de sa famille. Les phases de récupération étant intermittentes et de courte durée, on décide alors d’envoyer en urgence les deux responsables en France, d’autant que certains des membres de la famille Bouteflika évoquent avec de plus en plus d’insistance le rapatriement. Une fois sur place, et après plusieurs tests, les photographes et les cameramen sont invités au tournage. Pathétique.

La séquence où on voit le président prendre maladroitement un gâteau a du être refaite à plusieurs reprises avant d’obtenir une prise « montrable ». Néanmoins, pendant tout le temps qu’a duré la rencontre, Bouteflika n’arrivait ni à situer ni à nommer Gaid Salah qui s’est découvert un talent de comédien en se livrant à un monologue qui sera servi le lendemain comme un échange de deux heures ayant « permis de cerner et de traiter tous les grands dossiers ».

Le chef de l’Etat qui souffre de graves troubles de la mémoire ne reconnait pas son entourage en permanence et l’évolution ne prête pas à l’optimisme.
Voilà l’homme que le premier ministre a trouvé dans « un état correct », qui lui a donné des instructions sur tous les sujets et qui rassure, d’El Bayadh, ses concitoyens sur sa propre capacité et détermination à permettre au pays d’affronter et de surpasser problèmes et menaces. Il se peut que les problèmes et les menaces qui préoccupent les Algériens ne soient pas exactement ceux auxquels pense M. Sellal.

En attendant, les Egyptiens qui détiennent, depuis mercredi matin, c’est-à-dire moins de 24 heures après les prises de vue, tous les rushs des « Invalides » pourront produire un très beau film, quand ils le voudront, sur les mœurs politiques du régime algérien.

Question : de combien de temps ont besoin les marionnettistes pour laisser ce pauvre homme à ses malheurs ?

Ali Graïchi