Voile, langue arabe, barbus… Où va la Kabylie?

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Islamistes
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KABYLIE (Tamurt) – La Kabylie est, certes, épargnée par l’intégrisme jusque-là mais on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir. Au rythme où vont les choses, l’inquiétude gagne de plus en plus les citoyens conscients. Ces derniers sont convaincus que rester les bras croisés finirait par être fatal pour toute la région. En effet, dans les villages les plus reculés de la Kabylie profonde, des hommes barbus et vêtus à l’Afghane commencent à faire leur apparition, souvent des jeunes de moins de trente ans et parlant parfaitement le kabyle. Les femmes en voile islamique ou hidjab sont de plus en plus nombreuses sans compter l’utilisation croissante de la langue arabe dans la vie quotidienne de certaines localités.

Certes, ces catégories sont loin de constituer la majorité pour l’instant mais au rythme où vont les choses, il y a fort à parier que, si rien n’est entrepris, la Kabylie risquerait de sombrer, à moyen ou à long terme, dans l’arabo-intégrisme. Les personnes suscitées sont des victimes bien sûr et on ne peut pas les condamner car elles sont le produit conjugué de l’école algérienne, des médias, des partis politiques qui ne jouent plus leurs rôles…

Une école où dès la première année préparatoire, on inculque aux enfants de quatre ans des idées islamiques qui ne sont pas de leur âge ainsi que l’apprentissage obligatoire de la langue étrangère pour les kabyles, qu’est l’arabe. L’absence de contrepoids et d’autres courants qui véhiculaient dans le passé les idées laïques, démocratique et de modernité n’est pas pour arranger les choses. Les seuls mouvements qui défendent la modernité et se battent contre la régression, ce sont les indépendantistes mais malheureusement ils sont persécutés en Kabylie et toutes leurs activités sont interdites.

Faut-il rester donc insensible à cette descente aux enfers inéluctable qui attend la Kabylie ? Il faut que les intellectuels, les artistes et les militants sincères de la démocratie reprennent la parole pour éveiller les consciences et contrecarrer pacifiquement les donneurs de leçon qui s’inspirent de l’Arabie Saoudite et de sa doctrine. Autrement, la Kabylie belle et rebelle se conjuguera désormais au passé.

Tarik Haddouche