Vote sur l’enseignement de tamazight : L’écrivain Brahim Tazaghart réagit

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Brahim Tazaghart
Brahim Tazaghart

TAMAZGHA (Tamurt) – L’écrivain et militant très actif du Mouvement Culturel Berbère (MCB), vient de signer une sortie médiatique concernant l’affaire du vote initié par le ministère de l’Education nationale sur la nécessité, oui ou non, d’enseigner tamazight à partir de la rentrée scolaire prochaine dans les autres wilayas d’Algérie autre que la Kabylie. Brahim Tazaghart impute cette information, erronée, selon lui, au quotidien algérien arabophone « Echourrouk ». « Il est légitime que les algériennes et les algériens se demandent comment des médias comme El-Chourouk, El-Bilad et autres organes utilisent impunément un document de l’époque ou M. Boubeker Ben Bouzid était à la tête du ministère de l’Education nationale pour parler d’un référendum sur l’enseignement de Tamazight, et cela, à la veille du 20 Avril 2018 ».

Brahim Tazagahrt ajoute en outre : « Cette nouvelle provocation, qui s’inscrit dans la suite du plan qui a vu Naima Salhi monter au créneau et insulter sans pudeur aucune la terre amazigh et son histoire, confirme la thèse d’une offensive islamo-baâthiste qui risque de mettre le pays en danger si elle n’est pas confondue et bloquée à temps ». Pour l’auteur du roman en kabyle « Salas et Loundja », ces opérations qui se succèdent, menées à ciel ouvert, à visages découverts, sans que personne ne lève le petit doigt expriment deux choses : « les islamo-baâthistes, déstabilisés par la reconnaissance de Yennayer comme fête chômée et payée d’un côté, et par les tentatives de réformes dans l’éducation nationale, – leur champ réservé – , d’un autre côté, sont affolés et n’hésitent plus à agir pour reprendre le contrôle idéologique de l’Etat qui leur échappe de plus en plus ».

Brahim Tazaghart estime en outre que dans leurs actions, ils bénéficient du soutien de cercles rétrogrades du régime ou en mauvaises positions, qui pensent tirer profit. « Lorsque des blogueurs et autres internautes sont placés en détention, au moment même où on inondent de PUB des chaines qui portent atteinte à la stabilité intellectuelle et morale de la population, les algériens ont le droit de douter de la capacité du pouvoir à gérer les affaires publiques et faire face aux défis qui s’annoncent. Un pouvoir qui n’est pas sans savoir que le rythme des provocations va aller en s’amplifiant avec toutes les dérives possibles », enchaine Brahim Tazaghart.

Ce dernier souligne que face à cette situation, « les militants doivent rester vigilants pour éviter les instrumentalisations des officines Daâichiennes ». Seulement, cette vigilance ne doit en aucun cas être un prétexte pour une normalisation ou une baisse de niveau de mobilisation qui doit rester intacte, conclut le patron de la maison d’édition « Tira », sise à Bgayet et spécialisée dans le livre amazigh.

Tarik Haddouche